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Les jours où je suis née, Valérie François

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Quatrième de couverture :

Paul Becker est un homme comblé. Après plus de quinze ans de recherches éprouvantes, il s’apprête à ramener à la maison sa fille Lily-Rose, enlevée au Vietnam quand elle était bébé. Avec son enfant adoré à ses côtés, il pourra enfin recommencer à vivre.
Dans l’avion qui descend vers Paris, Luu-Ly est anxieuse. Elle ne rêve que d’une chose : aller à
l’école. Mais saura-t-elle s’adapter, elle qui n’a connu que la vie dans les champs au Vietnam, une enfance à dissimuler ses cheveux blonds sous son foulard ? Autour d’elle, tous parlent de celle qui l’a élevée comme d’une criminelle, mais dans son coeur, elle restera sa mère. Elle sait que, quelle que soit la distance, leur lien ne se rompra jamais.
Devenue Lily-Rose Becker, va-t-elle pouvoir recoller les morceaux d’une vie brisée ? Parviendra-t-elle à tenir la promesse faite à sa mère Minh Tâm lorsqu’elle était enfant ? Et comment va-t-elle concilier ses deux identités ?

L’avis de Laure :

La couverture de ce roman me parle car nous l’avons pas mal vu passer au moment de sa sortie, pourtant, je me suis plongée dans ma lecture à l’inconnu sans savoir du tout de quoi il allait être question.

C’est l’histoire de 3 bébés et de 2 femmes. Et d’un dramatique concours de circonstances. Au Vietnam, Minh Tâm vit un accouchement dramatique. Et lorsqu’elle arrive avec son bébé dans les bras devant l’hôpital du coin, celui-ci est décédé. Sur place, un autre drame se noue pour une française et ses 2 petites jumelles. Alors Minh Tâm repart avec un autre bébé, Luu-Ly, qui grandira comme une petite vietnamienne malgré ses cheveux blonds…

L’histoire de cette « adoption » est très belle parce que malgré le contexte critiquable, toute la suite n’est que beauté pour la petite fille qui sera toujours aimée pleinement. Elle le sait pourtant par le regard des autres, ses cheveux blonds ne sont pas la norme alors elle les cache… Mais pour Minh Tâm, un beau jour, la vérité vient à éclater. Et Luu-Ly devient Lily, une petite parisienne, elle s’installe à l’autre bout du monde, se découvre une sœur jumelle, un père qui l’adore et une vie de luxe !

On pourrait imaginer bien des drames derrière cette histoire et notamment un refus d’adaptation de Lily, à la vie si cahotique. Pourtant, l’auteure a fait le choix de la douceur et nous révèle si une belle histoire, une histoire qui n’est qu’amour, dans une vie comme dans l’autre. Et Lily n’a alors qu’un objectif : concilier ses 2 facettes, ses 2 pays, ses 2 vies, ses 2 parents. Et c’est vraiment très beau à lire, j’ai beaucoup aimé ce roman.

Un bémol pour moi en revanche dans cette lecture, c’est la couverture, certes très belle mais qui ne représente pas vraiment le contenu du roman, cela m’a fait bizarre après lecture, je n’ai rien reconnu de l’héroïne dans l’image qui est censée la représenter.

Ma notation :

Un très joli roman.

[Duo lecture] La libraire de Dachau, Shari J. Ryan

 

Pourquoi ce livre :

(Audrey) Cela faisait très longtemps que je n’avais pas lu un roman sur le thème de la seconde guerre mondiale. Ce titre arrivé par surprise chez moi était l’occasion idéale pour une lecture duo avec Laure.

(Laure) Vous pouvez mettre n’importe quel nom de camp de concentration dans un titre, vous m’aurez attirée. Les éditeurs le savent bien et la preuve que ça marche à chaque fois avec moi !

La couverture :

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(Laure) Une couverture qui parle tout de suite, on situe directement l’endroit où se passe le roman. 

(Audrey) Un bleu omniprésent. Porteur d’espoir malgré la dureté du thème ?

La quatrième de couverture :

Aux États-Unis, à l’aube des années 2020, la vie de Grace bascule lorsqu’on lui annonce qu’elle vient d’hériter d’une librairie à Dachau, en Allemagne. L’endroit lui a été légué par une grand-mère biologique dont elle ignorait complètement l’existence. Grace décide de traverser l’Atlantique et se lance dans une véritable enquête pour combler les silences de l’extraordinaire et douloureuse histoire de Mathilda, sa grand-mère. Une histoire qui débute dans l’Allemagne crépusculaire des années 1940. Hans, l’amour de toujours de Mathilda, est en danger parce qu’il est juif. La jeune femme n’hésite pas une seconde et le cache dans son grenier. Pendant des mois, ils vivent à la lueur des bougies. Jusqu’au jour où Hans est trahi et déporté au camp de Dachau… Dès lors, Mathilda est poussée par la rage de survivre et par une promesse : un jour, ils vivront libres et heureux.

Après lecture :

(Audrey) On en a lu des romans sur les camps de concentration, sur l’horreur de cette seconde guerre mondiale, sur les déchirures qui traversent les familles, et pourtant, ce roman aura su me saisir comme si je lisais un roman sur ce thème pour la première fois.

J’ai tout de suite aimé Grace et l’histoire qu’elle allait découvrir sur sa grand-mère, dont elle ignorait tout. Car on l’aura compris, la vie de Mathilda au cœur de ce conflit, va être une succession de drames et le récit est juste déchirant. J’ai aimé la façon dont les secrets du passé vont être révélés doucement, par la lecture de lettres et les confidences d’un allié sur place : Archie, qui s’occupe de la librairie alors que Grace débarque en Allemagne. 

Au delà d’un roman historique, c’est surtout un roman d’amour. Un amour pour lequel Mathilda aura fait preuve de bravoure, sans jamais perdre espoir. C’est un très beau portrait de femme, courageuse et passionnée, qui va vous faire vivre diverses émotions. 

(Laure) Mais quelle belle découverte ! Une histoire sur les camps qui se passe hors des camps et … au présent ! Cela pourrait paraitre étonnant et pourtant c’est tout ce que j’ai adoré, déplacer le lieu et la temporalité de l’histoire ne l’ont pas rendue moins forte bien au contraire !

Lorsque Grace hérite d’un bien immobilier à Dachau, c’est le ciel qui lui tombe sur la tête, elle qui a accompagné en vain pendant des années sa mère en quête de ses origines. Et c’est alors qu’elle est décédée depuis quelques années qu’elle va savoir d’où elle venait ?! C’est la chance de sa vie et elle part sur place sans attendre. C’est là que nous allons découvrir l’histoire de sa grand mère, Tillie et de Hans, le jeune garçon juif qu’elle aimait depuis toujours.

C’est une histoire très forte, poignante par moments tant le comportement de certains personnages est révoltant. Et pourtant c’est beau parce que Grace a cette chance de découvrir l’histoire de sa grand mère dans tous ses détails. Et à travers Tillie, elle va découvrir dans quelles circonstances est née sa mère. L’histoire d’un bébé tant aimé qui sera pourtant adopté à l’autre bout du monde, l’histoire d’une famille qui ne sera jamais réunie. Et si… L’auteure achève avec cette lueur d’espoir, cette beauté qui nous fait vraiment refermer le livre avec ravissement. Que c’était beau !

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(Merci à Eric Poupet pour cette lecture)

L’enfant du sud, Amélie Grégoire

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Quatrième de couverture :

Au cœur de l’Amérique des années 1950, Joyce est au chevet de sa grand-mère. Avant de rendre son dernier souffle, la vieille dame lui révèle qu’elle l’a adoptée à sa naissance. Un secret de famille bouleversant pour la jeune femme qui décide de retrouver ses vrais parents.
Un seul indice la guide : une simple carte postale de la Nouvelle-Orléans que sa grand-mère lui a léguée.

L’avis d’Audrey :

Vous avez aimé La couleur des sentiments ou Alabama 1963? Ce roman risque surement de vous plaire aussi. On y retrouve des thèmes communs : la ségrégation, les Etats-Unis de la première moitié du 20ème siècle, les différences sociales entre blancs et noirs.

Dans ce roman, l’alternance des chapitres donne voix à deux jeunes femmes. La première, Joyce, qui en 1952 apprend qu’elle a été adoptée. Une révélation qui va la bouleverser, et surtout l’amener à trouver la vérité sur ses origines. Pour cela, elle entreprend un périple. Une quête initiatique, une recherche de vérité essentielle pour elle.

L’autre partie du roman se concentre sur Joséphine, au début des années 30. Une jeune femme intelligente, courageuse et passionnée qui n’hésite pas à s’élever contre les injustices. Elle ne comprend pas pourquoi et comment peut-on imposer une différence de traitement entre blancs et noirs.

Un roman passionnant, une histoire d’amour troublante et interdite. La musique a une place très importante, et vous transporte au fil des pages dans un univers jazzy, au son d’un saxophone si symbolique à l’histoire. Les personnages sont attachants, et on ne peut qu’admirer la force de certains d’entre eux, comme on peut en détester d’autres. J’ai trouvé par moments qu’il y avait quelques longueurs dans l’action et des descriptions trop nombreuses. Mais ce dernier point peut au contraire rendre ce roman encore plus éblouissant pour de nombreux lecteurs. Et l’émotion ressentie à la fin de ma lecture m’a totalement fait oublier ce détail.

Je ne vous en dirai pas davantage sur l’intrigue pour ne rien gâcher, mais sachez que ce roman, empli de secrets, d’amour, de passions, de drames et de déceptions est très agréable à lire.

Ma notation:

Un premier roman réussi, une auteure à suivre sans hésiter.

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(Merci à Eric Poupet et City Editions pour cette lecture))

Les enfants du fleuve, Lisa Wingate

 

Quatrième de couverture :

1939, Memphis. Par une nuit d’orage, les cinq enfants Foss sont enlevés avant d’être jetés dans un orphelinat. Rapidement, ils comprennent qu’ils ne reverront jamais leurs parents. Rill, la sœur aînée, fait tout pour éviter la séparation de la fratrie.
De nos jours, Caroline du Sud. Avery Stafford, brillante avocate, est de retour dans sa ville natale. Elle soutient son père sénateur qui tente d’apaiser un scandale autour des conditions de vie dans les maisons de retraite. C’est alors qu’une des pensionnaires aborde Avery. La vieille femme semble terriblement émue mais pas folle. Et ce qu’elle lui révèle est si troublant qu’Avery décide d’enquêter sur sa propre famille. L’histoire de ses origines pourrait être bien différente de la version officielle…

L’avis de Laure :

La voici cette lecture mystère qui m’a tenue en haleine pendant 24 jours, un livre dans lequel j’ai été plongée sans couverture, sans titre, sans nom d’auteure. J’ai débuté par le premier chapitre et, à aucun moment de ma lecture, avant d’avoir fini je n’ai su ce que je lisais.

C’est une histoire que j’ai découverte en 2 temps, par alternance de chapitres et, au début, j’avais un peu l’impression de lire 2 romans différents tant il n’y a aucun lien entre passé et présent avant que l’on soit bien avancés dans la lecture. En 1939, on va faire la connaissance de Rill, l’aînée d’une famille de 5 enfants qui vit avec peu de moyens sur un bateau qui navigue sur le fleuve. La mère est enceinte de jumeaux, et, alors qu’elle est emmenée à l’hôpital pour mettre au monde ses nouveaux bébés, les aînés, restés seuls, se retrouvent emmenés à l’orphelinat. Très vite on comprend bien que les adultes qui ont fait cela n’ont aucunement l’intention de leur permettre de retourner vivre auprès de leurs parents ni de faire en sorte que la fratrie puisse continuer à vivre réunie.

De l’autre côté, l’histoire n’a rien à voir puisqu’on y suit Avery Stafford, jeune avocate d’une famille très aisée. Le poste de sénateur de Caroline du Sud est tenu par l’un des membres de la famille depuis des années. L’actuel sénateur est le père d’Avery, auquel la jeune femme sera amenée à succéder. J’ai aimé Avery parce qu’on sent qu’elle n’est pas à sa place dans cette vie-là. Elle a laissé son fiancé pour être aux côtés de son père malade et est soumise à des règles bien strictes pour préserver l’image de la famille en toutes circonstances, pour cacher la maladie de son père etc. Une vie du paraître plutôt déplaisante. Alors, lorsqu’un mystère concernant la grand mère d’Avery va émerger, la jeune femme s’engouffre dans la brèche, déterminée à mener l’enquête malgré la maladie d’Alzheimer qui empêchera Judy d’expliquer elle même ce qu’elle a vécu dans sa jeunesse.

Les chapitres qui concernent Rill et sa fratrie sont assez rudes, cachant une bien triste réalité qui s’est déroulée pendant des dizaines d’années dans les orphelinats américains. J’étais émue par le combat de cette aînée qui prend à cœur son rôle de protéger ses frères et sœurs, en l’absence de leurs parents. Malheureusement, elle n’a ni armes, ni ressources pour se battre contre les adultes maltraitants qu’elle aura sur son chemin. La destinée de ces enfants est d’autant plus triste qu’elle s’appuie sur des faits réels.

Concernant l’enquête d’Avery, je n’ai pas été complètement conquise. J’ai aimé la venue de Trent sur son chemin et comment les jeunes gens vont se lier dans cette quête qu’ils finiront par mener ensemble. Mais je n’ai pas toujours tout bien compris, il y a parfois des éléments que j’ai trouvé très détaillés et peu intéressants quand, pour d’autres, j’ai manqué de détails. Le final de l’enquête était sympathique, menant dans un lieu où les ficelles se dénouent mais je l’ai trouvé trop rapide. Alors que l’auteure avait pris tant de temps pour narrer la vie des enfants du fleuve puis leur arrivée à l’orphelinat, j’aurais aimé qu’elle prenne le temps aussi pour le final. Je suis donc restée sur ma faim pour ce point.

Ma notation : 

Une lecture historique intéressante et navrante pour le fait réel qu’elle met en avant mais dont le rythme global ne m’a pas totalement convaincue.

Les lettres de Rose, Clarisse Sabard

Quatrième de couverture :

Lola a été adoptée à l’âge de trois mois. Près de trente ans plus tard, elle travaille dans le salon de thé de ses parents, en attendant de trouver enfin le métier de ses rêves : libraire.

Sa vie va basculer lorsqu’elle apprend que sa grand-mère biologique, qui vient de décéder, lui a légué un étrange héritage : une maison et son histoire dans le petit village d’Aubéry, à travers des lettres et des objets lui apprenant ses origines.

Mais tous les habitants ne voient pas d’un bon il cette étrangère, notamment Vincent, son cousin. Et il y a également le beau Jim, qui éveille en elle plus de sentiments qu’elle ne le voudrait…

L’avis de MadameOurse :

Je me suis offert ce roman dans son édition collector poche l’an dernier, Lunatic l’avait déjà lu et m’en disait du bien. Il s’agit du premier roman de Clarisse Sabard et mon 3ème titre lu d’elle (ses 2 autres romans étant dans ma PAL et son prochain est d’ores et déjà dans mes envies d’achat).

Aux côtés de Lola, j’ai plongé dans une très belle histoire familiale, une histoire de générations, une histoire de choix, une histoire parfois bien triste, dure également à travers la belle destinée de cette famille et de ses héroïnes. Lola va se retrouver en quête de ses racines familiales biologiques, bien soudainement. Elle qui a toujours su être une enfant adoptée et qui le vit très bien, apprend soudainement le décès de sa grand mère maternelle, Rose Garnier. C’est celle-ci qui a placé Lola avait qu’elle soit adoptée car elle n’a pas voulu l’élever elle-même. Néanmoins, à l’heure de sa mort, elle n’a pas oublié la petite Lola et lui a même préparé un héritage qui va mener la jeune femme à reconstituer l’histoire de sa famille, à partir de son arrière grand-mère Louise.

Le cadre historique au cœur de ce roman est très beau, un petit village, une vie simple, qui suit un fil tranquille; à l’époque, les jeunes gens n’ont pas de rêves démesurés pour leur avenir, se marier avec quelqu’un du village, avoir des enfants et fabriquer ainsi la génération suivante. Et ainsi de suite. Et pourtant, Louise fera des choix déterminants pour se sortir de ce train train dont elle ne veut pas. Quitte à faire une croix sur son bonheur. Rose, sa fille, aura à subir les choix de cette mère volontaire qui a une idée bien précise de ce que devra être la vie de sa fille.

J’ai adoré la construction de ce roman, avec Lola au cœur du secret qui va hériter d’une maison où elle trouvera lettres et journaux lui permettant de retracer petit à petit son histoire. Et de comprendre pourquoi elle a été adoptée, la forçant à grandir loin de sa famille biologique. Lola va également profiter de ce moment fort dans sa vie pour réfléchir à ce qu’elle veut et redéfinir ses envies, ses rêves et mettre en pratique tout cela pour se construire une nouvelle vie. Autour d’elle gravitent de très beaux personnages : son ami Tristan, sa mère adoptive douce et bienveillante, Vincent un cousin qui ne verra pas d’un très bon œil l’arrivée de cette mystérieuse cousine et Jim, le beau brun ténébreux qui va enflammer le cœur de Lola.

Les lettres de Rose c’est un très beau roman autour de secrets de famille. La lecture est addictive tant on a plaisir à découvrir la destinée des personnages. On s’attache, page après page, on s’émeut, on rêve, on se sent transportés dans ce joli petit village. Et puis personnellement, j’ai aussi eu plaisir à découvrir un certain nombre de références bien de ma génération dans cette lecture (Clarisse Sabard étant née la même année que moi il n’y a rien d’étonnant à ça).

Ma notation :

Une très belle lecture.