Archives du mot-clé adolescence

America(s), Ludovic Manchette et Christian Niemiec

IMG_1254

Quatrième de couverture :

Philadelphie, juillet 1973. Voilà un an qu’Amy est sans nouvelles de sa grande sœur partie tenter sa chance au Manoir Playboy, à Los Angeles. Inquiète, la jeune adolescente décide de la rejoindre. Pour cela, il lui faudra traverser les États-Unis. Seule.
Dans une Amérique de la contre-culture secouée par le scandale du Watergate et traumatisée par la guerre du Vietnam, elle croisera la route d’individus singuliers

L’avis d’Audrey :

L’épopée émouvante et rocambolesque d’une jeune ado, au coeur des années 70, bien décidée à traverser les USA pour retrouver sa soeur. Amy n’a que 13 ans quand elle fugue de la Cote Est pour rejoindre  Bonnie, sa soeur partie à Los Angeles pour devenir Playgirl. Amy plaque tout, prend un sac, quelques poignées de billets et là voilà en route.

Un voyage complètement fou, où des rencontres (presque improbables) se succèdent. Amy n’a plus 13 ans, mais 14 ou 15 ans. Elle se prénomme Donna ou Glinda. Elle trouve plusieurs personnalités et histoires pour se présenter, afin de ne pas attirer l’attention sur elle. Sur la route, elle tombera sur des hommes au regards vicieux, mais aussi sur des gens, qui le temps de quelques kilomètres et heures vont l’accompagner avec bienveillance dans sa quête quasi initiatique.

Notre duo d’auteur nous livre ici un roman très addictif, avec un petit bout de femme très attachante et plutôt mûre pour son âge. Elle sait ce qu’elle veut, et malgré son schéma de famille bancal, elle sait reconnaître ce qui est bon pour elle. En allant à la recherche de sa soeur, c’est finalement elle même qu’elle va trouver, et l’idée d’une autre vie. Car après tout, l’essentiel à retenir est juste cela:

Va là où tu es aimée.

Ce que j’ai aimé avec ce roman, c’est d’aller fouiner au fil des étapes du voyage d’Amy, sur Google pour vérifier les éléments qui relèvent de la fiction ou de la réalité. Car Amy va se mêler à la vraie histoire de l’année 1973. Imaginez qu’elle va notamment passer un peu de temps dans un bus, avec The Boss. Un roman qui impose dans un coin de notre cerveau, une mélodie rock et très seventies pour notre plus grand plaisir.

Si j’avais un seul reproche à faire à cette histoire, c’est l’accumulation de rencontres et de situations, mais après tout, un roman ne se doit pas d’être sobre et sage. On doit pouvoir rêver et l’exagération n’est en rien un défaut.

Ma notation:

Un road trip touchant et addictif. Avec ce second roman, les auteurs changent complètement de registre et c’est encore une fois réussi après Alabama 1963.

Desenchantées, Marie Vareille

004

Quatrième de couverture :

La disparition de Sarah Leroy, quinze ans, a bouleversé la petite bourgade de Bouville-sur-Mer et ému la France entière. Dans chaque foyer, chaque bistrot, on élaborait des hypothèses, mais ce qui est vraiment arrivé, personne ne l’a jamais su.

Vingt ans plus tard, Fanny revient sur les lieux de ce drame qui a marqué sa jeunesse. Et c’est tout un passé qu’elle avait préféré oublier qui resurgit… Car l’histoire de Sarah Leroy, c’est aussi un peu la sienne, et celle d’une bande de filles qui se faisaient appeler les « Désenchantées ». Une histoire qui a l’odeur des premières cigarettes et du chlore de la piscine municipale, des serments d’amitié et surtout, des plus lourds secrets.

Avec finesse et un vrai sens du suspense, Marie Vareille met à nu les rouages de l’amitié féminine dans un roman d’apprentissage captivant et rempli d’émotion.

L’avis de Laure :

Lorsqu’on connait Marie Vareille et qu’on l’a déjà lue, je crois que la promesse d’un nouveau roman nous séduit sans même savoir de quoi il va être question. En tout cas, cela a été mon cas avec ses Désenchantées que j’ai pris plaisir à découvrir à l’aveugle, sans en lire le résumé.

Et j’ai bien fait car la promesse était à la hauteur de l’attente. Dès le début, on sait qu’on va être emmenés dans un suspense mêlant le présent au passé. Ces années 90 qui ont marqué la disparition de Sarah Leroy. Ces années 90 dans lesquelles on replonge avec ravissement. Parce que j’étais aussi une adolescente des années 90 (comme Marie Vareille), parce que c’est truffé de références aux ados que nous étions, des magazines que nous lisions à la musique dans nos oreilles toute la minute nostalgique y est et c’est un vrai plaisir dans le roman.

Mais le roman ne se contente pas de cela. Outre cette minute nostalgique si savourable, Marie Vareille nous livre une histoire savamment ficelée, surprenante et dont le suspense va nous tenir en haleine jusqu’à la dernière minute. Qu’est-il donc arrivé à ces héroïnes ? Pourquoi n’a-t-on jamais retrouvé le corps de Sarah Leroy mystérieusement disparu ? Est-ce qu’Eric qui est en prison pour ce crime depuis 20 ans a vraiment commis l’irréparable alors qu’il a toujours démenti ?

Peu à peu, on plonge dans ce que ces adolescentes ont vécu. Les thèmes sont forts, ils mettent en avant le féminisme, l’amitié, la sororité mais aussi le poids des injonctions qui peuvent peser sur les adolescentes. Comme vous quand vous le lirez, j’ai été choquée que les choses puissent se passer ainsi, l’histoire est révoltante mais là où elle est si belle c’est dans ce lien amical qui va venir tout sauver, acceptant alors de prendre tous les risques pour l’une d’entre elles. Une franche réussite, Marie Vareille change de registre et nous bluffe ! 

Ma notation :

Une très belle réussite !

Merci aux éditions Charleston pour cette lecture

Miss Dumplin, Julie Murphy

007

Quatrième de couverture :

IL ME DIT QUE JE SUIS BELLE.
JE ME DIS QUE JE SUIS GROSSE.
ET SI J’ETAIS LES DEUX EN MEME TEMPS ?

~~Willowdeen ne s’est jamais préoccupée de son corps. Oui, elle est ronde, et alors ? Comme elle le dit toujours, un corps parfait pour la plage, c’est son corps dans un bikini, pas besoin d’être super slim pour s’assumer. Jusqu’au jour où elle se retrouve à travailler au fast-food du coin et qu’elle rencontre Bo, qui porte un peu trop bien son nom. Et autant Will n’est pas du tout surprise de le trouver attirant, autant elle est sous le choc lorsqu’il lui vole un baiser. Mais au lieu de se sentir pousser des ailes, Will commence à douter. Comment peut-il l’aimer quand le monde entier dit que les filles comme elle doivent être cantonnées aux seconds rôles ?
Peut-être ne s’assume-t-elle pas tant que ça au final ? Un seul moyen de retrouver confiance en elle : faire la chose la plus inimaginable qui soit… s’inscrire au concours de beauté local présidé par sa propre mère, ex-miss au corps filiforme. Entraînant dans son sillage tout un groupe de candidates faites pour tout sauf défiler, Will va montrer au monde, et surtout à elle-même, qu’elle aussi a sa place sous les projecteurs.

L’avis de Laure :

Voici un livre que j’ai sorti de ma PAL comme ça sur un coup de tête et avec lequel j’ai passé un bon moment. Vous connaissez probablement le film tiré de ce roman, pour ma part je ne l’ai pas vu et c’est donc à l’aveugle que j’ai découvert l’histoire de Willowdean.

Pour moi, c’est d’abord l’histoire d’une adolescente, avec les mêmes questionnements que toutes les adolescentes du monde. Le surpoids de Will n’est pas le cœur du sujet, du moins je ne l’ai pas vécu comme cela et je trouve ça aussi bien. Will va au lycée, elle voit ses amis, elle travaille dans un restaurant pour se faire un peu d’argent et elle pense à son avenir, aux garçons. C’est un personnage assez universel, on attend toujours beaucoup du sujet du surpoids quand on sait qu’il va être traité car c’est quitte ou double. Et j’ai donc apprécié qu’il soit ici un élément de l’histoire sans en faire tout un foin.

Avec Will, on va suivre une première histoire, un flirt avec un garçon qu’elle ne prend pas au sérieux, impossible qu’il s’intéresse à elle. Mais je ressentais quelque chose de plus, ce que Will ne voyait pas.

Et puis il y a la relation de Will avec sa mère, cette mère qui ne vit une partie de l’année que pour le concours de beauté qu’elle organise, cette mère qui appelle sa fille boulette… La première fois que j’ai lu ce surnom j’ai été tellement choquée ! [Aparté : Dumplin en anglais signifie boulette, d’où le titre du roman. Je trouve qu’il était nécessaire que ce soit traduit dans le roman pour marquer le choc mais du coup je regrette que le titre ait été conservé car il est peu parlant une fois la lecture achevée.]

Alors Will se lance un défi, avec ses amies elle va aussi s’inscrire pour le concours ! Un esprit positif qui va permettre à ces adolescentes de se révéler et de s’accepter. Miss Dumplin est une lecture sympathique, j’ai passé un bon moment même si ce livre ne me marquera pas.

Ma notation :

Une lecture agréable mais pas marquante.

A Emilia, Julien Levy

ajpKVvKZT2y4qDlW+2TbDQ

Quatrième de couverture :

À l’occasion de la sortie de son livre, aux frontières de la science et de la spiritualité, Marc-Antoine est interviewé à Genève par une célèbre podcasteuse. Alors qu’il pensait promouvoir son ouvrage, il est rapidement mené sur le terrain de la confession. Qui est cette Emilia, à qui il dédicace son livre ? Parler de cette surprenante libraire empreinte de sagesse le replonge inévitablement dans l’époque trouble de son adolescence à Marseille, entre apnée et enfer de la drogue.

L’avis d’Audrey :

A Emilia, commence avec une interview. Marc-Antoine se retrouve face à Apoline pour parler de la sortie de son guide spirituel. Mais cette rencontre va prendre un autre chemin que celui escompté, et le récit va alors nous emmener à découvrir plus profondément Antoine. A travers ses souvenirs, ses expériences, ses musiques.

Mais qui est Emilia, citée dans la dédicace son roman ? Il n’est qu’adolescent quand il fait sa connaissance dans la cité phocéenne. Il est alors un garçon paumé et qui s’est perdu trop « facilement » dans la drogue. Emilia est libraire, et elle va agir sur ce jeune homme comme un guide. Elle va lui apporter la sagesse et la compréhension de lui-même. Une quiétude qui va forger Marc Antoine.

En même temps que je découvrais Emilia et Marc-Antoine, j’avais ce sentiment d’être apaisée moi aussi. L’écriture et l’histoire de ce roman sont vraiment pleins de positif et de bienveillance malgré les douleurs du passé de Marc Antoine qui sont évoquées dans ses souvenirs du début des années 90. J’ai aimé aussi la construction du roman, qui alterne entre l’interview menée par Apoline, les souvenir de Marc-Antoine et les extraits de son livre. Un joli mélange de genre, pour nous livrer un roman qui s’approche d’un guide spirituel, avec beaucoup de finesse.

Ma notation:

Si comme moi, vous êtes à milles lieux de la pratique du YOGA, vous saurez apprécier pleinement ce roman tout de même, j’en suis sûre. C’est doux, c’est solaire et ça fait du bien!

Capture d’écran 2022-01-26 à 16.06.36

Prendre un enfant par la main, François-Xavier Dillard

B+01zvQBSJuPf206pMVPqg

Quatrième de couverture :

Lorsque vous lâchez la main de votre enfant, êtes-vous certain de pouvoir la serrer de nouveau un jour ?
Quatre ans après la disparition de leur fille Clémentine dans le naufrage d’un voilier, Sarah et Marc sont rongés par la culpabilité et la tristesse.
Jusqu’à ce que de nouvelles voisines emménagent sur le même palier avec leur enfant, Gabrielle, dont la ressemblance avec Clémentine est troublante. Au contact de cette adolescente vive et enjouée, Sarah reprend peu à peu goût à la vie.
Mais lorsque le destin de Gabrielle bascule dans l’indicible, les démons que Sarah avait cru pouvoir retenir se déchaînent une seconde fois.

L’avis d’Audrey :

Alors que je rencontrais au salon Seille de Crime François Xavier Dillard afin de faire dédicacer son dernier roman pour Laure, mon échange avec lui m’a donné envie à mon tour de découvrir son univers, et il m’a orienté vers ce roman. Je ne voulais pas d’une histoire trop dure ou violente, et cette histoire est donc parfaite pour moi.

Capture d’écran 2022-02-24 à 17.57.11

Une famille heureuse, une famille unie et une banale virée en mer fait tout exploser. Ils sont partis à 4, et reviennent à 3. Une tempête emporte Clémentine, la fille de Sarah et de Marc, alors que son frère Gaspard avait promis de veiller sur elle. 4 ans après le drame, on retrouve la famille dans un semblant de vie et de bonheur. Ils sont marqués par cette disparition et hantés par la culpabilité.

Sarah, nouvellement maman trouve un peu de réconfort auprès de Marie, une voisine bienveillante. Mais son quotidien s’assombrit lorsqu’une nouvelle famille emménage dans l’immeuble. Elle rencontre alors Gabrielle, une jeune fille née le même jour que Clémentine et qui lui ressemble fortement. Après une première réaction de rejet, Sarah s’attache à cette voisine, quand une nouvelle tempête frappe leurs vies avec la disparition de Gabrielle.

Un thriller familial, qui décortique à la perfection la façon dont un drame envoie tout valser dans une famille. En tant que maman, je ne peux que comprendre le désarroi et le chagrin que subit Sarah. Pourtant, Marc et elle ont su tenir le cap et ne pas sombrer, malgré les parts d’ombres et de secrets qu’ils gardent entre eux. Que dire de Gaspard, qui peine à trouver sa place devant ses parents fantômes. L’arrivée de Gabrielle va agir comme une vraie lumière, elle devient celle qui fera sourire et aimer à nouveau.

Un roman très prenant, au climat anxiogène et même si j’avais vite deviné où l’auteur nous mène, j’ai apprécié le dernier rebondissement du récit. Je lis l’auteur pour la première fois, et j’ai apprécié son style, avec des chapitres courts et intenses, qui en fait vraiment un roman divertissant et plaisant à lire.

Ma notation:

Un très bon thriller et je suis ravie de ma rencontre littéraire avec cet auteur dont Laure m’avait conseillé la lecture.