Archives pour la catégorie Un livre : un avis

Et le ciel sera bleu, Tamara McKinley

Quatrième de couverture :

Angleterre, 1939. La vie n’a pas été tendre pour la jeune Sally Turner, 16 ans, qui élève seule son frère de six ans, Ernie, atteint de polio. Leur mère, Florrie, les a abandonnés dès que la guerre a éclaté, et leur père a été appelé sous les drapeaux.
Tous deux trouvent alors refuge à Cliffehaven, une bourgade située sur la côte sud de l’Angleterre. Ils y sont accueillis par Peggy Reilly, la propriétaire de la Pension du Bord de Mer et Jim, son mari quelque peu bourru.
Sally trouve, auprès de la famille Reilly, un foyer d’adoption qui lui permettra de s’épanouir. Elle obtient un emploi dans une usine de confection d’uniformes, où ses talents de couturière se révèlent. Sally fait de plus la rencontre de John Hicks, un mystérieux pêcheur…
Mais la guerre et l’arrivée de Florrie à Cliffehaven menacent ce fragile équilibre…

L’avis de MadameOurse :

Je me suis régalée l’automne dernier avec Où le cœur se pose, quatrième tome de cette saga du Bord de mer.  Je ne savais pas qu’il s’agissait d’un tome d’une saga et je n’avais pas lu les précédents (ce qui n’a pas gêné ma lecture). J’avais vraiment apprécié ce roman et ai été tentée par les autres tomes. Alors quand j’ai trouvé le premier tome dans la bourse aux livres de ma commune fin mars, puis le second en bouquinerie avec Lunatic à Angers, c’était un signe.

J’ai donc pris à rebours l’histoire de la famille Reilly, Peggy, Jim et leurs enfants qui tiennent la pension du Bord de Mer à Cliffehaven, juste au début de la seconde guerre mondiale. Ce tome est plus essentiellement consacré à Sally et son petit frère Ernie. Ils vont être accueillis par Peggy après que leur mère Florie, ait décidé de les éloigner de Londres où les conflits commençaient à faire rage. Sally s’est occupée de son frère depuis toujours et, du haut de ses 16 ans, j’ai vite été impressionnée par cette jeune fille qui gère le petit garçon de 6 ans, atteint d’un handicap qui le contraint dans ses déplacements depuis qu’il a eu la polio.

Sally et Peggy ont été les 2 personnages les plus attachants pour moi dans ce roman et j’ai beaucoup aimé le duo qu’elles forment. Sally a à cœur de se faire toute petite pour ne pas peser sur le quotidien de Peggy afin que la famille ne les rejette pas. Et Peggy et son cœur d’or, qui voit bien au delà de ce que Sally ne veut bien montrer, saura aider, soutenir et accompagner les 2 enfants avec délicatesse et bienveillance.

J’ai adoré ce roman car il est d’une grande richesse, le quotidien de la guerre, les alertes aériennes qui contraignent à se mettre à l’abri, les privations alimentaires et puis cette si belle panoplie de personnages qui fait un roman riche en événements où l’on ne s’ennuie jamais. Vous allez tous les aimer : Ron le vieux beau père vous charmera par ses manies d’ancien et son grand coeur, Jim le mari fou amoureux et ses magouilles, Mme Finch la vieille locataire un peu sourde mais qui est tellement de la famille elle aussi et tous les autres…

Pour Sally et Ernie, ces mois de vie à la pension du Bord de mer seront ceux de la renaissance, ils prendront confiance en eux tant ils seront dans ce cadre choyés et aimés comme ils ne l’ont jamais été. C’est émouvant de lire cette vraie vie de famille si paisible malgré les circonstances et entre des gens qui ne se connaissent pourtant pas à la base. En bonus dans ce roman, la guerre n’empêchera pas la jeunesse de vivre, de rire et … d’aimer ! J’ai aimé l’histoire d’amour de la fille aînée de la famille Reilly et j’ai été très touchée par la belle rencontre que fera Sally. Toutes deux auront à supporter des épreuves concernant l’amour et c’est beau aussi de lire que l’amour n’est pas toujours rose.

Ma notation :

Une très bonne lecture, un roman historique d’une grande richesse qui nous fait vivre un grand panel d’émotions. Le second tome de cette saga est dans ma PAL et j’ai bien hâte de m’y plonger !

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La vie secrète de Violet Grant, Beatriz Williams

Quatrième de couverture :

New York, 1964. Un avis de passage du facteur dans la boîte aux lettres de Vivian Schuyler qui n’attendait rien. Le paquet s’avère être une valise adressée à une certaine Violet. Quelques rapides coups de fil familiaux plus tard, Vivian découvre une grand-tante dont elle n’avait jamais entendu parler et glane les bribes d’une étrange histoire. Celle de cette aïeule bien née, qui décide de devenir scientifique avant d’être accusée d’avoir tué son mari à Berlin en 1914 et de prendre la fuite avec son amant pour ne plus jamais donner de nouvelles. La curiosité piquée au vif, Vivian décide de se lancer sur les traces de cette ancêtre atypique, meurtrière et adultère, happée par les remous de l’Histoire.

L’avis de MadameOurse :

Lunatic m’a offert à Noël dernier ce roman qui complétait la saga des sœurs Schuyler. En réalité, j’ai déjà lu les tomes 2 et 3 et il me restait ce titre, le premier donc. Je n’ai pas lu la saga dans l’ordre mais ce n’est pas trop gênant car chaque titre évoque l’histoire de l’une des 3 sœurs. Je n’ai pas sauté dessus pour le lire bien que j’adore Beatriz Williams pour la simple et bonne raison que maintenant que je l’ai lu, il va me falloir attendre qu’un nouveau titre soit traduit en français (et je ne sais pas du tout si c’est prévu prochainement).

Dès les premières pages, j’ai retrouvé l’ambiance de Beatriz Williams et je savais que cette lecture serait une réussite. Et j’ai complètement adoré ma rencontre avec Vivian, la soeur Schuyler de ce tome. Elle a un franc parler et un humour que j’ai d’autant plus adorés qu’ils sont assez en décalage avec l’époque à laquelle elle vit (1964). Et c’est au tout début du roman que cette jeune femme active, célibataire, vivant à New York loin de ses parents, fait la rencontre d’un homme dont vous tomberez amoureuses vous aussi (bien sûr pour ça il vous faudra lire le livre). Leur histoire est évidente, forte, instantanée, belle. Et malheureusement elle va rencontrer aussi de nombreuses embûches (du genre de celles qui vous donneraient envie de mordre !).

Vivian fait cette rencontre par hasard un jour en se rendant à la poste récupérer un colis qui est le début de l’autre partie de l’histoire du roman. Vivian se retrouve en effet avec une valise, celle de Violet Schuyler Grant. Une valise perdue 50 ans auparavant et qui retrouve enfin son chemin. Sauf que Vivian ne sait rien de Violet. Elle va se retrouver à mener l’enquête avec passion pour celle dont elle apprendra qu’elle est sa grand tante. Cet autre pan du roman m’a beaucoup plu également, tour à tour on suit l’histoire que Violet raconte directement et, dans d’autres chapitres, les recherches de Vivian. Violet est également une femme en décalage avec son temps, une jeune scientifique brillante qui épousa le Dr Grant, son professeur, plus âgé que lui. Un homme absolument odieux que j’ai détesté dès la première ligne. L’histoire de Violet va nous mener dans le Berlin de 1914, juste au moment où la guerre va éclater. La toute jeune femme qu’elle est va prendre conscience de l’écueil qu’est son mariage et devra prendre des décisions radicales pour son avenir.

Le périple final du roman permet de comprendre ce qui est arrivé à Violet et comment elle a perdu sa valise qui réapparaîtra 50 ans plus tard.Il sera aussi, bien sûr, l’occasion de tisser un dénouement heureux et plein d’amour pour nos héroïnes.

Petite note complémentaire pour ceux qui ont lu la saga et compte tenu des personnages communs qu’on y croise forcément, j’ai été très surprise en faisant la connaissance des parents de Vivian du franc parler et de l’ouverture d’esprit qui sont les leurs, ça me semble tellement à mille lieues de l’ambiance archi guindée et soucieuse du quand dira-t-on qui pesait sur les épaules de Tiny dans Les lumières de Cape Cod. Il est vrai que c’est plutôt de sa belle famille que nous avons eu un aperçu alors mais je suis surprise néanmoins que ces deux familles aient été si différentes.

Ma notation :

Un très beau roman. Vite, vite, un autre roman de Beatriz Williams à me mettre sous la dent ! Poke aux éditions Belfond s’ils me lisent.

Cape May, Chip Cheek

Quatrième de couverture :

Septembre 1957.
Henry et Effie passent leur lune de miel à Cape May, dans le New Jersey. Hors saison, la petite station balnéaire n’offre guère de distractions – si ce n’est la découverte du plaisir –, et le jeune couple ne tarde pas à s’ennuyer. Leur rencontre avec un groupe de New-Yorkais riches et délurés va leur ouvrir les portes d’un monde insoupçonné. Cape May devient alors leur terrain de jeu : ils s’invitent dans des maisons vides, font de la voile, se saoulent au gin et marchent nus sous les étoiles… jusqu’à cette nuit où tout bascule.

L’avis de MadameOurse :

J’ai vu passer de très bons avis sur ce titre qui m’ont titillée et j’ai cédé à la tentation à mon tour.

Ce roman évoque d’ailleurs bien  la tentation, une autre forme de tentation, celle que peut ressentir tout homme ou femme adulte. Henry et Effie viennent s’installer dans la maison de l’oncle de la jeune femme, à Cape May, pour leur lune de miel. Une jolie évasion pour ce jeune couple qui se découvre, on est en 57, la vie intime, la réalité de la vie de couple, ils la découvrent maintenant qu’ils sont mariés. Leurs journées sont douces, baignade, balades, repas en amoureux, sieste, un quotidien paisible.

Et puis, ils rencontrent Clara à l’occasion d’une balade. Effie l’a connue plus jeune, lorsqu’elle venait en vacances dans la maison de son oncle. Clara leur propose de se joindre à la fête qu’elle donne chez elle. Le couple va alors, de jour en jour, passer de nombreux moments avec Clara, Max et Alma. On est plongés au cœur de cette jeune et joyeuse bande, qui fait la fête, qui boit beaucoup et qui parle assez crûment. On sent s’installer une ambiance particulière, les regards changent, je me doutais un peu de comment les choses allaient tourner.

Bon, en réalité, il ne s’est pas de suite passé ce que j’avais imaginé, le premier événement qui a lieu entre la petite bande m’a plutôt décontenancée. Et le second était bien celui que j’avais supposé. Pardon si vous ne comprenez pas grand chose, le but n’est pas de spoiler. Je n’ai pas retrouvé lors de ma lecture ce que les avis que j’en avais eu disaient. J’ai été plutôt déçue pour ma part car j’ai trouvé ça longuet, répétitif et puis j’ai du mal à cautionner les faits qui sont relatés ici. Alors certes, ce sont des choses qui arrivent, que les couples peuvent vivre, qu’ils l’aient voulu et recherché ou non. Mais, une fois de plus, ces romans qui évoquent les pénibilités, les écueils de la vie de couple ont du mal à passer. Je suis sans doute trop fleur bleue, je préfère lire des romances où tout est doux et joli même si ce n’est pas réaliste !

Ma notation :

Un roman qui m’a semblé long et répétitif et dont le message final m’a déçue.

(roman lu en partenariat avec Netgalley)

La maison aux orangers, Claire Hajaj

Quatrième de couverture :

Jaffa, Palestine, 1948. Salim attend impatiemment le jour de ses huit ans. Enfin, il va pouvoir accompagner son père pour la cueillette des oranges, symbole du passage à l’âge adulte. Mais il n’aura jamais cette joie : la guerre israélo-arabe débute et sa famille est obligée de fuir en laissant derrière elle la maison et les orangers. Sunderland, Angleterre, 1959. Judit, douze ans, doit préparer sa Bat Mitsvah. Elle voudrait pourtant oublier son prénom trop connoté, le poids écrasant du passé familial, hanté par les pogroms russes et les camps allemands, et elle se jette à corps perdu dans la natation. Londres, swinging sixties. Lorsque leurs chemins se croisent, Judit et Salim tombent follement amoureux.
Comment réussir à imposer leur histoire ?
Parviendront-ils à surmonter les embûches qui les attendent ?

L’avis de MadameOurse :

Voici le dernier titre de la sélection du Prix des lecteurs pour le mois de juillet. Il était celui qui me tentait le plus, je l’ai gardé pour la fin, ai-je bien fait ?

Cette maison aux orangers sera celle qui va hanter le cœur de Salim toute sa vie durant. Jeune garçon arabe, son père possède cette orangeraie en Palestine. En 1948, à la création de l’état Israélien, c’est la guerre qui commence pour les 2 peuples et la fuite des conflits pour de nombreuses familles arabes dont celle de Salim qui abandonnent leurs biens derrière eux. Si c’est en Angleterre que Salim deviendra un jeune adulte, son cœur n’aura de cesse de repartir en pensée au cœur de l’orangeraie, là où ses racines l’attachent à la terre de ses ancêtres.

Le roman c’est aussi l’histoire de Judit, jeune fille juive qui va elle aussi grandir au cœur de ce conflit. Ni Salim ni Judit n’a de haine contre l’autre peuple, ils ont juste grandi tous deux avec cette haine ancestrale, transmise comme valeur. Tous deux seront tiraillés entre leur culture, ce qu’ils pensent devoir à leur famille et leur cœur, leur âme et ce qu’ils leur dictent. L’amour ne choisit pas et lorsque Salim rencontre Judit c’est le coup de foudre. Une histoire d’amour superbe mais contrainte, d’abord secrète car ils savent que leurs familles n’accepteront pas. Mais ils seront forts, se marieront, construiront leur propre famille. Mais alors, comment élever leurs enfants dans cette double culture et alors que chacun porte encore si durement le poids du passé, les tristesses de leur peuple et alors que le conflit gronde toujours ?

-Je n’ai jamais rencontré d’Arabes, dit-elle. (…) Pour être franche, je pensais que vous deviez nous haïr.

-Qui dit que je dois faire quelque chose ? Tu es une personne. Je suis une personne. Pourquoi devrais-je te haïr avant même de te connaitre ?

Claire Hajaj met parfaitement en lumière la terrible dualité qui se joue ici pour Salim et Judit, le poids des choix, chaque jour, une vie durant. On lit l’histoire de ce couple et le tiraillement permanent contre lequel ils se battent, on espère du tournant que l’histoire prendra, on est peinés aussi parce que c’est tellement complexe que tout ne peut pas être joli. Je m’attendais à une fin bien moins triste mais elle va tellement avec l’itinéraire général du roman.

Ma notation :

L’histoire douloureuse d’un couple mixte sous la belle mise en lumière de Claire Hajaj.

Une jolie coccinelle jaune a rencontré mon livre, la voyez-vous sur la couverture ?

La petite herboristerie de Montmartre, Donatella Rizzati

 

Quatrième de couverture:

Viola Consalvi passe pour la première fois la porte d’une herboristerie tout près de la rue Lepic, à Montmartre. Pour cette passionnée de naturopathie, la découverte de ce lieu hors du temps est un véritable coup de foudre. Au contact de cet endroit magique et de sa propriétaire, Gisèle, la jeune étudiante est confortée dans son choix d’étudier la médecine alternative, choix que n’a hélas pas accepté sa famille. Son diplôme en poche, Viola retourne à Rome et rencontre l’amour en la personne de Michel. S’ensuivent six ans de bonheur, qui volent en éclat quand Michel décède brutalement d’un arrêt cardiaque. Bouleversée, anéantie, Viola se sent basculer. Au plus fort de la tourmente, une idée lui traverse soudain l’esprit : et si elle retournait à Paris, là où tout a commencé ?

L’avis de Lunatic :

Envie d’une petite balade parisienne au cœur de Montmartre ? Envie de partir à la rencontre de personnages attachants, doux et émouvants ? Alors lisez ce roman. Le bandeau nous parle d’un roman feel good, pourtant lorsque le roman commence, on est loin du bonheur annoncé. Viola est de retour à Paris après le décès brutal de son époux. Elle perd pied, sa vie bascule, ne se sent pas soutenue par les siens en Italie. Elle décide de retourner à Paris, où elle a séjourné quelques années auparavant et d’y retrouver Gisèle, au cœur de son herboristerie, un lieu où Viola se sent si bien.

Viola qui a besoin d’être épaulée sera à son tour tentée d’aider les gens autour d’elle. Elle se refuse au bonheur, traînant son mal être, son mal de vivre, mais pourtant une rencontre pourrait lui donner envie de regoûter au bonheur et à l’amour. Cette possible relation naissante ne sera pourtant pas au cœur du roman, elle sera secondaire. Priorité à Viola, à son besoin de reconstruction personnelle.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Viola. Une femme douce, apaisante, que l’on a envie de voir heureuse. Les personnages secondaires sont très attachants aussi. L’écriture est fluide, les chapitres s’enchaînent. Au fil du récit, l’auteure nous offre quelques recettes de naturothérapie. Petite recette pour s’apaiser entres autres. Le roman m’a vraiment permis de découvrir l’utilisation des huiles essentielles, fleurs de Bach. J’ai découvert plus en détails la phytothérapie et une technique originale: l’iridologie. Imaginez que votre iris puisse révéler beaucoup de chose sur votre état de santé. J’ai vraiment trouvé le roman très instructif sur toutes ces médecines douces.

Au final, ce roman est un mélange réussi qui en fait un roman feel good réussi.