Archives pour la catégorie PDL Livre de Poche

Retour sur le Prix des Lecteurs Littérature du Livre de Poche

L’aventure du Prix des Lecteurs a commencé pour moi ce 2 janvier, lorsque j’ai eu la grande surprise d’apprendre que ma candidature avait été retenue pour être un des 130 jurés du prix Littérature. 8 mois après, l’aventure s’est achevée hier, date de clôture des votes pour le lauréat final.

C’est le 19 septembre que le ou la gagnant(e) recevra cette récompense. Je ne peux donc pas encore vous dévoiler le lauréat que les jurés ont élu. Mais le titre qui a été retenu chaque mois, de février à août, est connu.

De ces 7 titres, j’ai parfois été en accord avec le vote mensuel, d’autres fois non. Mais j’ai toujours compris ce qui a plu dans chaque titre et ce qui a permis à ces 7 romans de se hisser en première place. Ils sont dans l’ordre sur la photo : en haut et de gauche à droite, lauréats de février, mars, avril et en bas mai, juin, juillet et août.

Je n’ai eu aucun mal à faire mon choix entre les 7 pour le vote final. L’évidence était là. Je vous dirai dans quelques jours si cette évidence était aussi celle de mes comparses jurés.

Vous avez lu certain de ces titres ? Qu’en avez-vous pensé ? Pour quel titre voteriez- vous ?

 

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Les dieux du Tango, Carolina de Robertis

Quatrième de couverture :

Février 1913. Leda a dix-sept ans. Elle quitte son village italien pour rejoindre en Argentine son cousin Dante, qu’elle vient d’épouser. Dans ses maigres bagages, le précieux violon de son père. Mais à son arrivée, Dante est mort. Buenos Aires n’est pas un lieu pour une jeune femme seule, de surcroît veuve et sans ressources : elle doit rentrer en Italie. Pourtant, l’envie de découvrir ce nouveau monde et la musique qui fait bouillonner les quartiers chauds de la ville la retient. Passionnée par ce violon interdit aux femmes, Leda décide de prendre son destin en main. Déguisée en homme, elle s’immerge dans le monde de la nuit, le monde du tango. Elle s’engage tout entière dans un voyage qui la mènera au bout de sa condition de femme, de son art, de la passion sous toutes ses formes, de son histoire meurtrie. Un voyage au bout d’elle-même.

L’avis de MadameOurse :

Voici la fin de l’aventure du Prix des lecteurs du Livre de Poche, ce roman étant le dernier des 21 titres que j’ai eus à lire depuis février. Et, une fois de plus, ce fut une lecture pleine de surprises pour moi, bien loin de mes habitudes. C’est d’ailleurs une lecture que j’ai failli abandonner. Et je ne découvre que maintenant, en préparant cet article, la quatrième de couverture qui en disait tant sur le roman. Pourtant, je n’ai jamais lu ce résumé !

Je me suis plongée dans l’histoire de Leda, dont on fait la connaissance alors qu’elle traverse l’océan, de son Italie natale vers l’Argentine où l’attend son époux. J’ai de suite été prise dans des longueurs qui m’ont rendu la lecture bien pénible. L’auteure nous dit tout, avant que l’histoire de Leda en Argentine débute, on a déjà un retour en arrière complet, son enfance, sa jeunesse, ce mariage avec son cousin qui l’attend là bas. Parfois j’aime bien que les bases soient posées avant que l’histoire commence mais là c’était vraiment long.

Et puis, arrivée en Argentine, les choses ne se passeront pas comme prévu. Un mort en lieu et place de son jeune époux et un avenir qui s’assombrit : pas d’argent, plus de protection d’un homme (indispensable au début du 20ème siècle). Leda va vite devoir prendre une décision mais laquelle ? On arrive à 150 pages lues sur 500, ça traîne, je ne vois pas du tout l’intérêt de cette lecture, je ne suis pas captivée et ces longueurs me donnent terriblement envie d’abandonner ! Leda le sait, son avenir ce peut être un nouveau mariage, continuer de gagner sa vie en faisant de maigres travaux de couture ou bien … la prostitution. Rien d’enviable pour une femme et aucune de ces solutions ne convient à la jeune fille.

Et au fond d’elle, Leda a une envie, apprendre à jouer de ce violon que ce père lui a légué sans jamais vouloir lui apprendre à en jouer (impensable qu’une femme soit musicienne…). Elle arrive à convaincre un voisin de lui apprendre puis va prendre une décision radicale pour se lancer dans cette vie qui l’attire en se débarrassant de toutes contraintes : devenir un homme. C’est donc sous les vêtements de son époux décédé, les cheveux coupés courts, la poitrine bandée, qu’elle va commencer une nouvelle vie, sous le nom de son époux, Dante.

Ce rebondissement dans la lecture m’a permis d’avoir envie de poursuivre (et oui j’aurais lu la 4ème je l’aurais vu venir mais quel dommage d’en révéler autant à l’avance…). Dante / Leda va connaitre le succès au sein d’un orchestre qui se produira dans les bars puis dans un cabaret. On est captivés par cette jeune femme qui est en péril à chaque minute de sa vie derrière ce déguisement, qui doit convaincre en tant qu’homme, adopter toutes les habitudes des hommes (dont courir les prostituées !). Dante va connaitre le bonheur à travers sa passion pour la musique, va découvrir le désir entre les bras des femmes, et va vivre une belle évolution de l’histoire de l’Argentine à travers le tango. Cette musique est uniquement dédiée aux hommes à la base, les femmes qui dansent le tango sont des femmes de petite vertu. Puis, cette musique va traverser le monde, les classes sociales et toucher de plus en plus de gens, l’auteure nous écrit bien ici cette facette de l’évolution de la société à travers la musique et c’est très intéressant.

Et finalement, passé ce premier tiers bien longuet du roman, je voulais savoir ce que Dante allait vivre, je ne me voyais plus abandonner la lecture en cours. Mais il reste encore de nombreux apartés, des histoires dans l’histoire qui ont parfois été bien longues à lire. Et la construction du roman en 8/9 chapitres seulement pour 500 pages n’aide pas à rendre le pavé plus digeste.

Ma notation :

Après un début plus que mitigé, j’ai été captivée par l’histoire de ces musiciens, dieux du Tango. Une belle histoire néanmoins laborieuse à lire.

Un été invincible, Alice Adams

Quatrième de couverture  :

Benedict, Eva, Sylvie et Lucien sont inséparables depuis leurs années de fac à Bristol. Leur diplôme en poche, ils vont, pour la première fois, se disperser. Eva part pour Londres où l’attend un poste dans la finance ; Benedict reste à Bristol pour préparer son doctorat. Quant à Sylvie et Lucien, fidèles à leurs rêves, ils entament une vie plus bohème, faite d’art et d’aventure. À l’approche de la trentaine, leurs liens autrefois si forts se distendent. Le temps qui passe les éloigne les uns des autres, leurs routes divergent. Pourtant, leurs chemins vont de nouveau se croiser, faisant revivre le souvenir de l’« été invincible » qui les a liés pour toujours.

L’avis de MadameOurse :

Cette lecture pour le prix des lecteurs du Livre de Poche m’a semblé un peu longue et surtout assez similaire avec d’autres titres déjà lus comme Les immortalistes ou La fin de la solitude. J’ai eu le sentiment d’y retrouver des ambiances similaires.

On va suivre une bande d’amis pendant 20 ans : Sylvie et Lucien, le frère et la soeur, ainsi que Benedict et Eva qui sera notre personnage principal. On les découvre jeunes étudiants pour les quitter adultes ayant vécu tout un panel d’événements habituels de la vie.

Leur vie de jeunes gens m’a moins captivée : c’est l’enchaînement bien connu de fiestas en fiestas, de recherches du grand amour, de « qui couche avec qui ». Bof, rien qui ne m’intéresse particulièrement. Par la suite pour moi les choses sont devenues plus intéressantes, ce sont les difficultés de la vie d’adultes, trouver un emploi, construire sa vie, se marier, avoir des enfants, des jolis événements souvent entachés de petits ou plus grands drames parce que la vie n’est jamais 100% rose.

Et puis tout le fil du roman est mêlé avec l’histoire d’amour impossible d’Eva et Benedict. Parce que, tout jeunes gens, ils n’oseront ni l’un ni l’autre faire le premier pas. Parce que la suite de la vie les éloignera, leur fera prendre bien souvent des chemins différents. Parce qu’ils feront parfois des choix à contrecœur. J’ai aimé cette partie du roman parce qu’on ressent que cette histoire est celle de toute leur vie mais on comprend aussi que ce ne soit presque jamais le bon moment, ou bien on s’agace parfois du petit manque d’audace qui aurait pu tout changer. Alors on lit les années qui défilent et on attend LE moment qui reviendra forcément, on le sent, et qui sera le premier d’une nouvelle vie pour eux deux.

Ma notation :

Un été invincible est un roman sur les années qui passent et les événements de la vie d’adultes, entaché d’une histoire d’amour particulière. Si vous aimez les bandes d’amis et les montagnes russes de la vie, il pourrait vous plaire.

La maison aux orangers, Claire Hajaj

Quatrième de couverture :

Jaffa, Palestine, 1948. Salim attend impatiemment le jour de ses huit ans. Enfin, il va pouvoir accompagner son père pour la cueillette des oranges, symbole du passage à l’âge adulte. Mais il n’aura jamais cette joie : la guerre israélo-arabe débute et sa famille est obligée de fuir en laissant derrière elle la maison et les orangers. Sunderland, Angleterre, 1959. Judit, douze ans, doit préparer sa Bat Mitsvah. Elle voudrait pourtant oublier son prénom trop connoté, le poids écrasant du passé familial, hanté par les pogroms russes et les camps allemands, et elle se jette à corps perdu dans la natation. Londres, swinging sixties. Lorsque leurs chemins se croisent, Judit et Salim tombent follement amoureux.
Comment réussir à imposer leur histoire ?
Parviendront-ils à surmonter les embûches qui les attendent ?

L’avis de MadameOurse :

Voici le dernier titre de la sélection du Prix des lecteurs pour le mois de juillet. Il était celui qui me tentait le plus, je l’ai gardé pour la fin, ai-je bien fait ?

Cette maison aux orangers sera celle qui va hanter le cœur de Salim toute sa vie durant. Jeune garçon arabe, son père possède cette orangeraie en Palestine. En 1948, à la création de l’état Israélien, c’est la guerre qui commence pour les 2 peuples et la fuite des conflits pour de nombreuses familles arabes dont celle de Salim qui abandonnent leurs biens derrière eux. Si c’est en Angleterre que Salim deviendra un jeune adulte, son cœur n’aura de cesse de repartir en pensée au cœur de l’orangeraie, là où ses racines l’attachent à la terre de ses ancêtres.

Le roman c’est aussi l’histoire de Judit, jeune fille juive qui va elle aussi grandir au cœur de ce conflit. Ni Salim ni Judit n’a de haine contre l’autre peuple, ils ont juste grandi tous deux avec cette haine ancestrale, transmise comme valeur. Tous deux seront tiraillés entre leur culture, ce qu’ils pensent devoir à leur famille et leur cœur, leur âme et ce qu’ils leur dictent. L’amour ne choisit pas et lorsque Salim rencontre Judit c’est le coup de foudre. Une histoire d’amour superbe mais contrainte, d’abord secrète car ils savent que leurs familles n’accepteront pas. Mais ils seront forts, se marieront, construiront leur propre famille. Mais alors, comment élever leurs enfants dans cette double culture et alors que chacun porte encore si durement le poids du passé, les tristesses de leur peuple et alors que le conflit gronde toujours ?

-Je n’ai jamais rencontré d’Arabes, dit-elle. (…) Pour être franche, je pensais que vous deviez nous haïr.

-Qui dit que je dois faire quelque chose ? Tu es une personne. Je suis une personne. Pourquoi devrais-je te haïr avant même de te connaitre ?

Claire Hajaj met parfaitement en lumière la terrible dualité qui se joue ici pour Salim et Judit, le poids des choix, chaque jour, une vie durant. On lit l’histoire de ce couple et le tiraillement permanent contre lequel ils se battent, on espère du tournant que l’histoire prendra, on est peinés aussi parce que c’est tellement complexe que tout ne peut pas être joli. Je m’attendais à une fin bien moins triste mais elle va tellement avec l’itinéraire général du roman.

Ma notation :

L’histoire douloureuse d’un couple mixte sous la belle mise en lumière de Claire Hajaj.

Une jolie coccinelle jaune a rencontré mon livre, la voyez-vous sur la couverture ?

Pamela, Stéphanie Des Horts

Quatrième de couverture :

Légère, séduisante, insolente, Pamela décide très tôt de capturer l’homme qui la mènera à la gloire. Randolph Churchill, qu’elle épouse à dix-neuf ans, Ali Khan, Agnelli, Sinatra, Harriman, Druon, Rubirosa, Rothschild… aucun ne résiste à son charme. S’ils ont le pouvoir, elle exerce sur eux une attirance fatale. Ils l’ont tous désirée. Elle les a tous aimés.
Les conquêtes de Pamela sont des alliances, des trophées qu’elle brandit sans crainte de choquer les cercles mondains. Elles vont lui ouvrir les portes du pouvoir et de la diplomatie, jusqu’alors réservées aux hommes, et lui permettre d’assumer toutes ses libertés.

Scandaleuse ? Intrigante ? Courtisane ? La ravissante anglaise à la réputation sulfureuse, morte comme une légende dans la piscine du Ritz à Paris où elle était ambassadrice des états-Unis, a emporté ses secrets. Stéphanie des Horts en recherche les parfums et nous révèle l’existence flamboyante d’une séductrice hors norme qui a marqué l’histoire de son temps.
Le roman vrai d’une femme amoureuse de l’amour.

L’avis de MadameOurse :

Que cette sélection du mois du juillet du Prix des lecteurs est surprenante ! Voici de nouveau un roman qui pourrait être tout ce que je n’aime pas. Suivre la vie réelle d’une femme qui a enchaîné les relations amoureuses, en quête de la gloire et de la puissance, hum, c’est tout à fait le genre de portrait qui n’a rien pour me plaire. Et pourtant que cette lecture était intéressante !

Pamela c’est cette petite anglaise qui épouse, au début de la seconde guerre mondiale, Randolph Churchill, le fils de Winston. Son mariage ne sera rien qu’une mascarade auprès d’un homme dont elle aura un fils mais qui ne comptera pas dans sa vie et dont elle divorcera très vite. Mais c’est le nom de Churchill qui va la porter sa vie durant et commencer à lui ouvrir des portes. Elle sera très proche de son beau père, bien plus que de son mari. Et je crois qu’elle prendra conscience de l’importance qu’une femme peut avoir à côtoyer un homme « puissant ».

Pamela sera une grande amoureuse, elle va faire un nombre considérable de rencontres et elle aimera profondément tous les hommes qui passeront dans sa vie. Et chacun lui apportera quelque chose. C’est une femme entière, qui se consacre pleinement à ses relations, délaissant totalement son rôle de mère. C’est un vrai caméléon qui saura s’intéresser à tous les domaines qui passionnent les hommes de sa vie, allant jusqu’à aider considérablement Bill Clinton dans sa quête de la présidence.

A travers plusieurs dizaines d’années, Stephanie des Horts retrace la destinée captivante de cette femme. Considérée par certains comme une « putain », je n’ai pas eu ce regard pessimiste sur elle. Elle a tiré son aiguille du jeu chaque fois et, certes, c’était bien mal vu à l’époque mais elle n’a finalement jamais été la compagne d’un homme par seul intérêt (financier notamment). L’amour entrait toujours en compte.

Ma notation :

Une biographie fascinante dans laquelle vous croiserez de nombreux grands noms.