Archives pour la catégorie MadameOurse

Un mariage anglais, Claire Fuller

Quatrième de couverture :

Roman épistolaire construit à rebours, ce récit relate le mariage d’Ingrid et de Gil Coleman, son professeur de littérature, de vingt ans son aîné. Quinze ans plus tard, Ingrid, lassée des absences répétées de son mari, disparaît, laissant une série de lettres dans lesquelles elle revient sur l’histoire de son mariage.

L’avis de MadameOurse :

Il va m’être bien difficile de parler de ce roman. Parce que… j’ai aimé mais ne saurai pas vous dire pourquoi… Voilà, débrouillez-vous avec ça ! Lisez-le (ou pas)…

Bon, ce ne serait pas digne d’un travail de blogueur d’en rester là mais c’est vrai que c’est la première fois que ça m’arrive de ne pas savoir expliquer ce qui a fonctionné, ce qui m’a plu ici. L’histoire de ce mariage anglais, c’est l’union d’Ingrid et Gil, son professeur. C’est pendant ses études qu’elle est tombée sous le charme de ce coureur de jupons qui lui a demandé d’être sa femme. Et c’est elle qui va nous raconter l’histoire de leur mariage, à travers des lettres qu’elle lui destine et qu’elle cache dans des livres, dans leur maison. On lit donc ces lettres-souvenirs et la chronologie de leur histoire en même temps que l’on suit Gil, Flora et Nan, ses filles, dans un présent où ils font face à la disparition d’Ingrid. Cela fait plusieurs années qu’elle a disparu, elle est présumée noyée mais son corps n’a jamais été retrouvé.

Que lui est-il arrivé ? Est-ce que la lecture des lettres va nous apporter des éléments de compréhension ? J’ai été prise d’empathie pour Ingrid et sa vie pas facile. Un mari qu’elle a aimé plus fort que tout mais qui lui apporta une existence bien douloureuse, deux filles mais aussi la douleur des autres grossesses qui n’arrivèrent pas à terme, et puis en permanence, l’infidélité comme trame de fond. C’est un roman mystérieux, que l’on refermera d’ailleurs avec toujours bon nombre de mystères. J’ai été plongée dans une certaine langueur qui a su m’attacher. Et pour autant, c’est un roman au style si particulier, pas forcément simple à lire que je comprendrai totalement que vous me disiez que vous n’avez pas aimé.

Ma notation :

Une agréable lecture, je suis ravie d’en sortir avec une opinion positive, c’est bien différent de mes lectures habituelles et ça aurait pu ne pas fonctionner du tout. Quitte ou double donc, je vous laisse vous faire votre propre avis.

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On s’est aimés comme on se quitte, Charlie Wat

Quatrième de couverture :

Denis, 45 ans, est un homme triste. Englué dans ses problèmes de travail, ne sachant plus communiquer ni avec son fils ni avec son père, il voit son existence lui glisser entre les doigts. Mais quand il apprend par inadvertance que son ex-femme doit en épouser un autre dans trois jours à l’autre bout de la France, il refuse de laisser passer sa chance et s’embarque pour un improbable voyage. Un périple au bout duquel il pourrait bien trouver autre chose que ce qu’il cherchait.

L’avis de MadameOurse : 

Je suis une nouvelle fois au RDV pour les nouveaux romans de l’auteure depuis que je l’ai découverte il y a un an. Fidèle et bien contente de l’être. Et cette fois, il y a même une bande annonce vidéo faite pour le roman et vous savez comme on aime ça et comme ça nous attire beaucoup, Lunatic et moi.

Ici, Charlie Wat nous embarque avec elle dans un road trip qui va mener ses personnages de Paris jusqu’à la Corse. Ce roman avait des airs d’Il est grand temps de rallumer les étoiles tout en partageant un peu l’univers des romans d’Aurélie Valognes. C’est de Denis, père de famille divorcé qu’on va faire connaissance. Un homme qui ne vous fera pas rêver et avec qui vous n’auriez absolument pas envie de vivre. Il élève son fils adolescent mais ils ne sont absolument pas proches, il se traîne au boulot où rien ne va plus, il est brouillé avec son père depuis des années et il regrette toujours le départ de sa femme dont il est divorcé.

Mais voilà, un beau matin, il apprend qu’elle va se remarier et, poussé par son père et son fils, ils partent pour la Corse, espérant lui parler avant que le mariage n’ait lieu. Le départ est encadré d’une situation hautement loufoque qui plante parfaitement le cadre de cette comédie : la France est paralysée par la grève, les autoroutes sont à l’arrêt et les stations service n’ont plus d’essence. Alors, se rendre en Corse relève du miracle.

Attachez vos ceintures vous aussi car, en lisant, cette comédie pleine de péripéties, il faut avoir le cœur bien accroché. C’est complètement foufou, les tensions entre le trio (qui deviendra quatuor…) sont nombreuses et rien n’est épargné à Denis qui aura besoin d’avoir énormément de motivation pour arriver au bout du périple. Seulement voilà, tous les événements que vont vivre nos personnages, en plus de bien nous faire rire, auront des répercussions sur leurs relations et, plus rien ne sera comme avant entre eux tant le voyage aura des effets bénéfiques. Au final, ces 3 hommes unis par un lien de sang sauront aussi nous émouvoir.

Je nous révélerai rien sur le final, ni ne vous dirait si la joyeuse bande arrivera en Corse à temps mais je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié cette fin intelligente.

Ma notation :

Une jolie lecture qui plaira à ceux en quête d’humour et de péripéties bien loufoques.

 

[Duo lecture] La vie rêvée des chaussettes orphelines, Marie Vareille

Pourquoi ce livre :

(Lunatic) J’ai lu deux romans de l’auteure avec plaisir. Je savais que j’allais forcément passer un bon moment de lecture.

(MadameOurse) J’avais été très agréablement surprise lors de ma lecture de Là où tu iras j’irai. Je lorgnais sur ce nouveau titre de la même manière que je bave devant toutes les nouvelles parutions des éditions Charleston en fait ! {Spoiler : le nouveau Martha Hall Kelly a de grandes chances d’arriver dans ma PAL d’ici les prochains mois (= j’ai pas l’intention de lui résister)}.

La couverture :

(Lunatic) Passons sur le bandeau intégré à la couverture et que j’aimerais chaque fois pouvoir retirer sur les titres des éditions Charleston. La couverture colle au titre du roman, mais j’avoue ne pas en être fan pour autant.

(MadameOurse) J’aime les coloris, c’est léger, simple, attractif.

La quatrième de couverture :

En apparence, Alice va très bien (ou presque). En réalité, elle ne dort plus sans somnifères, souffre de troubles obsessionnels compulsifs et collectionne les crises d’angoisse à l’idée que le drame qu’elle a si profondément enfoui quelques années plus tôt refasse surface.
Américaine fraîchement débarquée à Paris, elle n’a qu’un objectif : repartir à zéro et se reconstruire. Elle accepte alors de travailler dans une start-up dirigée par un jeune PDG fantasque dont le projet se révèle pour le moins… étonnant : il veut réunir les chaussettes dépareillées de par le monde. La jeune femme ne s’en doute pas encore, mais les rencontres qu’elle va faire dans cette ville inconnue vont bouleverser sa vie.
Devenue experte dans l’art de mettre des barrières entre elle et les autres, jusqu’à quand Alice arrivera-t-elle à dissimuler son passé ?

Après lecture :

(Lunatic) Ce titre et cette couverture sont bien trompeurs. J’étais loin d’imaginer la claque qu’allait me mettre ce roman. Je pensais lire un roman chick litt frais, divertissant et plein d’amour. Il n’est est rien. Même si d’amour il en est beaucoup question, ce roman est bien plus que cela. Dès les premières lignes j’ai aimé Alice, cette jeune femme névrosée, angoissée et à l’âme si triste. On sent tout de suite qu’elle fuit quelque chose ou quelqu’un? Quel drame veut-elle fuir? En parallèle de ses aventures parisiennes, on en apprend davantage sur elle à travers les pages de son journal intime datant  de 2012. Et là je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier à elle. Son désir d’enfant, les échecs. La description qu’Alice en fait est très juste et réel (moi aussi j’en ai bouffé de l’huile d’onagre, je voyais plus souvent ma gynéco que mes amies et le jus d’ananas n’a rien changé malheureusement…)  Grâce à ce journal, elle nous parle de sa famille, de son enfance, et de sa soeur Scarlett. Moins d’une année les sépare, elles se ressemblent autant qu’elles sont différentes. Et je peux avouer que j’ai eu aussi un vrai coup de cœur pour Scarlett.

Difficile d’en dire davantage, mais sachez juste que ce roman est une pépite. Rien n’est facile, aisé et simple pour nos personnages. Vous partirez à la rencontre de deux sœurs éloignées mais pourtant si fusionnelles. Et quand lentement, vous comprendrez où vous mène le récit, vous allez être bluffés. Marie Vareille va vous surprendre. J’ai avalé le roman en une journée, je ne pouvais pas le lâcher. Je peux affirmer que les sœurs Smith-Rivière resteront longtemps dans un coin de ma tête et de mon cœur.

(MadameOurse) Marie Vareille nous livre ici une si grande et belle oeuvre, une histoire de secrets, une histoire de famille, de sœurs, une histoire de sens à la vie après un drame. L’histoire d’Alice m’a moi aussi chamboulée, j’ai été prise dans le rythme des pages avec l’alternance parfaitement dosée de chapitres du présent et de rappels du passé via le journal intime de la jeune femme. Je voulais comprendre, faire le lien entre Alice, jeune mariée qui travaille dans la banque et qui n’arrive pas à avoir un bébé (moi aussi cette partie de l’histoire m’a touchée au plus profond) et Alice, seule au monde, qui s’installe à Paris et cherche un travail. J’ai aussi été touchée par l’enfance des 2 sœurs, Alice et Scarlett, si unies par leur faible écart d’âge, l’une aimée par sa mère, l’autre non. J’ai trouvé ça si triste pour elles deux la façon dont elles ont du se construire. C’était terriblement émouvant de lire leur enfance, de découvrir la construction des personnages depuis leur plus jeune âge.

L’Alice du présent a forcément vécu quelque chose de dramatique sinon comment expliquer qu’elle soit refermée sur elle même ainsi ? Qu’elle ne souhaite s’attacher à personne ? Ni collègues, ni voisins, ni amis et encore moins d’amour, ce n’est pas une vie. Puis Alice va trouver ce travail qui ne l’intéresse pas du tout, pour le développement de cette appli ayant la volonté de réunir les chaussettes orphelines. Il lui faut gagner de l’argent, elle accepte donc ce poste. Et vont alors entrer dans sa vie des personnes qui s’y feront une place et qui viendront peu à peu dénouer les cadenas autour de son cœur.

Je ne sais pas pourquoi j’avais vu venir le secret au cœur du roman, qu’est ce qui a pu me mettre sur la piste mais …. juste … wouaouh. Vous savez ? C’est comme une révélation de roman phénoménale, qui fait écho dans vos propres entrailles, nouées par l’émotion ? Alors, oui, oui, oui j’ai aimé, plus qu’aimé cette sublime histoire. Le soufflé est un peu retombé avec les pistes ouvertes pour la nouvelle vie d’Alice mais je n’oublierai pas les émotions que Marie Vareille a su me faire vivre.

Les femmes qui achètent des fleurs, Vanessa Montfort

Quatrième de couverture :

CHANGEZ, RÊVEZ, AIMEZ.
CAR IL EST URGENT DE VIVRE.

Madrid, quartier des Lettres.
Le Jardin de l’Ange est une boutique tout à fait extraordinaire.
On y trouve des arbres, des fleurs, des grillons et surtout des femmes singulières.
Olivia : Maîtresse des lieux, mystérieuse et fascinante, connaît le langage des cœurs aussi bien que celui des fleurs.
Marina : Souffre du syndrome du copilote. Dépendante de son compagnon, elle n’a pas le contrôle de sa vie. Sa fleur est la violette, symbole de l’humilité et de la timidité, mais aussi de la confiance en soi, si difficile à acquérir.
Casandra : Frappée du syndrome de la superwoman : plutôt mourir que de dépendre de quelqu’un ! Sa réussite professionnelle passe avant sa vie personnelle… Sa fleur est l’orchidée bleue, symbole de la sérénité qui lui manque.
Gala : Atteinte du syndrome de Galatée : elle croit fermement que les femmes d’aujourd’hui ont tous les droits… sauf celui de vieillir ! Sa fleur est le lys blanc, symbole d’une coquetterie éternelle.
Aurora : Victime du syndrome de la belle au cœur souffrant : plus elle souffre, plus elle est amoureuse. Sa fleur est le calendula, symbole de la tristesse, mais aussi de la cruauté qu’elle utilise parfois pour se défendre.
Victoria : En proie au syndrome de la toute-puissance : elle a décidé qu’elle serait la meilleure dans tous les domaines. Sa fleur est celle du cognassier, symbole de la tentation, tentation d’oser, de se libérer…

L’avis de MadameOurse :

Il est toujours facile d’expliquer ce qui nous a plu dans un roman. L’inverse est moins aisé et je sais qu’il ne me sera pas évident de vous dire pourquoi ce roman ne m’a pas émue, touchée. Je l’ai traversé sans fol intérêt, il m’a clairement manqué quelque chose. Mais quoi ?

Au cœur de ce roman de femmes, c’est Marina qui va prendre la parole. Jeune veuve sans enfant, sa vie est bien triste depuis le décès de son mari. Puis elle rencontre Olivia qui l’embauche dans sa boutique de fleurs. Olivia c’est cette aînée toujours présente, qui voit en ses comparses leur mal être et fera tout pour les aider. Autour d’elle gravitent ainsi d’autres femmes, toutes ayant en commun une certaine insatisfaction de leur vie personnelle. Les portraits des unes et des autres sont assez cliché je trouve, ce n’est pas très nuancé, je ne suis pas convaincue que ces femmes existent « pour de vrai ». Entre celle qui arrive à 35 ans et est encore vierge, celle qui enchaîne les hommes, celle dont le mari est un goujeat avec qui les choses ne vont plus, celle qui s’est destinée à sa carrière, etc, on est loin de Madame tout le monde je trouve.

J’ai apprécié une partie du roman qui questionne sur la place des femmes dans la société, il y est bien sûr question de féminisme, d’équilibre homme/femme et de tous ces sujets dont on entend énormément parler actuellement.  Personnellement, j’aime échanger, lire, apprendre, me questionner sur ces thématiques importantes. Mais ici finalement, j’ai trouvé cela un peu décousu du roman, comme si on avait un aparté philosophique. C’est dommage parce que c’était vraiment intéressant de fondre ces sujets d’actualité dans l’histoire du roman.

« Avoir des enfants était devenu un luxe (…), il fallait morfler d’une façon ou d’une autre. »

Marina va reprendre pied grâce aux amies qu’elle va se faire et aux discussions qu’elles auront sur leurs attentes dans la vie. Elle sera également encouragée à partir en mer, sur le Peter Pan, bateau acheté avec son mari. Elle lui a promis d’aller répandre ses cendres en mer. Mais elle ne naviguait jamais sans lui. On a donc une alternance dans le récit entre son voyage et les mois précédents où elle s’est reconstruite au Jardin de l’Ange. Je dois avouer que ces chapitres sur la navigation et l’adieu à son mari m’ont encore plus ennuyée que le reste du roman et que je mettais chaque fois du temps à les traverser.

Au final, il y a eu beaucoup d’éléments qui font que j’ai malheureusement eu du mal avec le roman. Et puis l’attachement aux personnages ne s’est jamais fait et je crois que c’est la base qui fait que l’on aime ou non. Pour ma part, les histoires de ces femmes ne m’ont pas émue.

Ma notation :

Dommage, je n’ai pas accroché et les histoires de ces femmes ne m’ont pas convaincue. J’espère néanmoins qu’elles sauront émouvoir d’autres lectrices.

(Merci à Camille des éditions Michel Lafon pour cette lecture)

Sur le fil du cœur, Théo Lemattre

Quatrième de couverture :

Constance et Weaver, étudiants, sont amenés à travailler en binôme au sein du même stage. Le problème ? Ils se détestent, ou du moins ils en sont persuadés. Désormais contraints de se côtoyer chaque jour, les deux jeunes gens vont devoir apprendre à surpasser leur rivalité pour mieux s’entraider. Alors qu’un rapprochement semble se dessiner entre eux, un événement les amène à se perdre de vue. Cinq ans plus tard, ils se retrouvent par un curieux hasard. Parviendront-ils à se donner une chance de renouer le fil de leur destin ?

L’avis de MadameOurse :

Parfois j’aime bien tenter de me diriger vers des romans qui sont un peu différents de ce que j’ai l’habitude de lire, ça peut être de bonnes surprises et puis c’est toujours bien de varier un peu et de sortir de ses habitudes.  C’est ce qui m’a attirée vers ce titre.

Le pitch du roman est vieux comme le monde : mettez ensemble un homme et une femme qui se détestent et … voyez comme cela peut changer. De l’amour à la haine il n’y a parfois qu’un pas, c’est ce que l’auteur nous montre ici. Néanmoins, je n’ai pas trouvé mon compte en lisant Sur le fil du cœur car il m’a manqué des développements pour que je puisse croire en l’histoire. Effectivement, il y a des parties de l’histoire qui sont un peu trop vite racontées comme justement la façon dont Weaver et Constance vont être amenés à se détester. De mon point de vue il n’a pas fallu grand chose pour ça et j’aurais aimé qu’il y ait plus d’événements entre eux pour venir étayer ce sentiment.

Et cette critique que je formule sur ce point est ce qui m’a dérangée à plusieurs reprises dans le récit. L’histoire est sympa, c’est agréable à lire, les dialogues sont drôles, il y a aussi des moments émouvants quand nos 2 personnages vont se confier peu à peu mais il y a des passages du roman qui auraient mérités d’être plus travaillés afin qu’on perçoive ce que l’auteur veut nous faire ressentir. Le final par exemple qui va venir amener le début d’une histoire d’amour (c’était évident) a aussi, à mes yeux, manqué un peu d’éléments.

C’est un ressenti personnel que j’ai eu, peut être que si vous lisez le roman vous ne vous arrêterez pas à ces éléments qui ont manqué de crédibilité pour moi. Mais lors de ma lecture c’est ces petits manques qui m’ont empêchée d’avoir une meilleure notation globale du roman.

Ma notation :

Des passages amenant un peu trop vite les éléments de l’histoire sans complètement les illustrer m’ont gênée dans cette lecture.