Tous les articles par Audrey

Face à face, collectif



Quatrième de couverture:

Un projet unique dans le monde du noir et un concept simple : 2 auteurs, parmi les plus grandes voix actuelles du genre, font se rencontrer leurs héros respectifs en dehors de leurs romans et de leur cadre habituel.

L’avis d’Audrey :

23 auteurs de thriller réunis pour un recueil de nouvelles. 11 textes écrit à 4 mains, dans lesquels les héros récurrents de deux auteurs se rencontrent. L’occasion de changer de lieu, de juridiction, de façon d’enquêter. Vous le savez à force de le dire, j’adore le genre des nouvelles, donc ce livre est fait pour moi. Je connaissais seulement 9 auteurs, c’était l’occasion de goûter à la plume et au style des autres écrivains.

J’ai aimé piocher dans le désordre du recueil pour retrouver certains personnages et faire la rencontre de beaucoup d’autres. Le genre impose un dénouement rapide et concis, et l’on peut alors être vitre frustré que l’intrigue et l’histoire ne soient pas plus développés. On n’entre pas suffisamment dans l’ambiance de chaque texte, les personnages manquent de psychologie et si l’on ne connait pas les héros connus, on peut facilement passer à coté de quelques subtilités, j’imagine.

Pourtant, j’ai vraiment aimé ces textes, certains plus que d’autres. J’ai adoré la confrontation entre l’inspecteur Pendergast de Preston et Child et Slappy, issu d’un des romans fétiches de mon enfance : La nuit du pantin de R.L Stine. Jamais je n’aurai pu imaginer qu’une telle rencontre ait lieu un jour.

Ce recueil ravira sans nul doute les amateurs de thriller. On y retrouve tous les ingrédients pour un moment de lecture agréable et sympathique. Cette lecture m’aura ainsi permis de noter quelques noms d’auteurs, pour mes prochains choix de romans.

Ma notation :

Un recueil efficace grâce à la plume de grands noms du thriller.

A sa place, Ann Morgan



Quatrième de couverture:

Helen et Ellie sont identiques. En apparence, du moins. Car, si ces jumelles de six ans se ressemblent comme deux gouttes d’eau, elles savent bien qu’elles sont différentes. Helen est la chef, Ellie son ombre. Helen décide, Ellie obéit. Helen invente des jeux, Ellie y participe. Jusqu’au jour où Helen en propose un plus original : intervertir leurs rôles, juste pour une journée. La farce fonctionne si bien que leur propre mère n’y voit que du feu. Et les deux fillettes s’amusent comme jamais. Mais le soir venu, alors que chacune devait reprendre sa place, Ellie, pour la première fois, dit non. Elle veut rester Helen. Pour cette dernière, c’est le début de la descente aux enfers.

L’avis d’Audrey :

Le thème de la gémellité est traité dans de nombreux thrillers. Un thème qui me plait bien souvent, c’est surement cela qui a poussé Laure à m’offrir ce roman.

2 petites filles, Helen et Elie. Elles se ressemblent comme 2 gouttes d’eau, sauf peut-être dans le comportement. L’une est forte et domine quand l’autre est plus fragile et effacée. Un simple jeu d’échange de place va pourtant bouleverser leurs vies et tout changer. Un simple jeu qui n’aurait dû durer que quelques heures, sauf que l’une d’elle ne veut plus rendre sa place. Ellie devient Helen, et Helen devient Ellie à contre cœur. Personne ne la croit, elle devient la menteuse. Commence alors pour elle un véritable enfer, et elle passera toute une vie à essayer de rétablir la vérité et à retrouver son identité.

Un récit très troublant, violent et noir. Comment imaginer que ces petites filles vont pouvoir se construire avec un tel secret. On est vraiment au cœur d’un thriller psychologique très poussé et on assiste en tant que lecteur, impuissant, à la dépression, à la souffrance et aux troubles qui touchent l’une des jeunes filles.

J’ai eu un peu de mal au départ avec la construction du roman pas toujours claire en début de chapitre. On alterne entre les flashbacks sur leur enfance et adolescence et des moments aux présents où l’on découvre comment Helen et Ellie ont évolué avec ce secret. L’ambiance est presque malsaine tout au long du récit et j’avais vraiment envie de vite finir ma lecture pour prendre un peu de recul avec nos deux héroïnes. Le style d’écriture est très addictif, je ne me suis pas ennuyée à un seul moment du roman. J’attendais des réponses, ou un rebondissement qui malheureusement n’est jamais venu. L’auteure nous livre un final assez déstabilisant.

Ma notation :

Un thriller dérangeant et addictif,  dont le final peut perdre le lecteur.

Les hommes aussi ont la chair de poule, Karine Lambert


Quatrième de couverture:

Max, Simon, Théo, Paul et Fabrizio viennent de se faire larguer. Un enchaînement de circonstances les réunit dans une ancienne école réhabilitée en chambres d’hôtes. Colocataires malgré eux, ils composent une improbable tribu dont les certitudes ont volé en éclats. Au fil des semaines, entre la crise de la machine à laver, le cours d’écologie sentimentale et les tours de manège, ils apprennent à vivre ensemble. Le moment est venu d’apprivoiser leurs fragilités et de construire l’avenir avec les femmes. Leur monde s’est écroulé. Parviendront-ils à en inventer un autre ?
Une seule évidence, ils ne renonceront pas à l’amour.

L’avis d’Audrey :

L’an dernier j’avais été transportée par Toutes les couleurs de la nuit. Karine Lambert a ce petit truc particulier qui me fait passer un bon moment avec chacun de ses romans. En pleine période de confinement, j’ai besoin de lectures « doudou » alors autant dire que ce titre tombe à pic.

Dans son premier roman, L’immeuble des femmes qui ont renoncé aux hommes on suivait le quotidien de 5 femmes qui ne voulaient plus entendre parler d’amour. Dans ce nouveau roman, la voix est donnée à 5 hommes, qui, bien malgré eux, se retrouvent seul.

Max, proche de la cinquantaine, a racheté l’ancienne école de son enfance qu’il retape pour y faire des chambres d’hôtes. Un beau projet qu’il entreprend avec Louise, la femme de sa vie. Pourtant cette dernière a besoin de faire le point, de solitude et s’éloigne pour un temps. Une situation qui désespère Max. Il est vite rejoint par Paul, son meilleur ami, infidèle notoire que sa femme vient de virer du domicile conjugal. L’incartade de trop sûrement. S’ajoutent 3 autres hommes : Simon, Fabrizio et Théo, eux aussi en pleine tourmente sentimentale et l’école devient en quelque sorte un Hom(m)e sweet Home 100% masculin. C’est le moment pour nos hommes de se remettre en question, de partager une expérience enrichissante et de coopérer pour peut-être enfin comprendre les femmes et prendre conscience de leurs propres erreurs.

J’ai beaucoup aimé ce roman, plein de tendresse et d’humour. Prendre place au cœur de ce groupe d’hommes le temps du roman est très agréable. Partager leurs doutes, leurs interrogations. Je me sentais bien parmi eux, et j’aurai bien du mal à vous dire lequel des cinq m’a le plus interpellée. Chacun à sa façon, par son histoire a éveillé sympathie et empathie. Un roman frais et divertissant, très efficace pour donner un peu de légèreté à ces jours moroses.

Ma notation :

Au fil des pages on observe le quotidien de ces 5 hommes pour le plus grand plaisir de nos yeux de lecteurs.

Histoires d’espoir, Collectif

Quatrième de couverture:

Et si on lisait par solidarité ?
Et si on se plongeait dans des histoires pour s’évader, oublier, rêver ?
Lire pour soutenir les personnes qui chaque jour risquent leur vie pour sauver la nôtre, c’est toute l’idée de ce recueil.

L’avis d’Audrey :

Et si lire permettait également de faire une bonne action? C’est tout naturellement que j’ai acheté ce recueil numérique proposé par Librinova, regroupant 20 nouvelles pour soutenir les soignants. Les bénéfices des ventes de ce recueil seront reversés à la Fondation de France. 

20 auteurs pour 20 textes avec comme point commun, le Covid-19, la pandémie et le confinement que l’on vit. Si je connaissais quelques noms parmi les contributeurs à ce recueil, c’était aussi le moment d’en découvrir plusieurs et goûter ainsi à leurs plumes.

J’ai lu l’intégralité du recueil à la suite, et ainsi, plusieurs sentiments et émotions différentes ont découlé de ma lecture. J’ai été émue par certains textes, certains m’ont fait clairement angoisser tandis que d’autres m’ont fait sourire. On oscille entre textes plein de légèreté et de fraîcheur et d’autres bien plus durs, limite anxiogènes.

Dans le désordre, et sans trop en dire pour ne pas gâcher le plaisir, sachez qu’avec Sophia Peignot c’est à travers les yeux d’une petite fille de 6 ans qu’on prend conscience que derrière une maman infirmière peut se cacher une super héroïne. Un texte très réaliste sur la façon dont nos petits peuvent vivre le confinement où comprendre à leur façon ce qui se passe… C’est aussi une enfant qui prend la parole dans Confinement de Pascale Rault-Delmas. Une petite bien sage et mature pour son âge qui fera preuve de beaucoup d’empathie et de générosité.

J’ai beaucoup aimé la poésie qui se dégage de la nouvelle Les Petits mondes d’Anne Idoux-Thivet : Hortense est une fée à sa façon, elle qui voit les gens en couleurs. Nicolas est en première ligne, infirmier dans un hôpital. Elle saura déchiffrer les couleurs et la lumière qui se dégagent du jeune homme. Un texte lumineux.

J’ai ri avec Carène Ponte et sa journée de confinement ordinaire, ou comment assister avec humour au quotidien d’une famille entre télétravail, école à la maison et purée de pommes de terre. Le texte de Mélanie Taquet montre sous un œil félin le confinement, lui qui ne comprend pas en quoi rester chez soi s’annonce si difficile pour les humains. Voir sa maîtresse à demeure toute la journée lui plaît bien. Mais voilà qu’un invité entre dans la partie. Et si on profitait du confinement pour rompre la solitude et rencontrer un homme qui semble parfait ? C’est ce qu’imagine Marilyse Trécourt dans un texte où le quiproquo a une belle place.

Une femme parle de Louis, son amour, son homme. Cette vie a deux, et le confinement qui prend place. Nathalie Sauvagnac impose un rythme très dense et dur à ce texte qui m’a percuté de plein fouet. Avec Triste nouvelle Bernard Garrette réadapte de façon assez tragique le mythe de Cyrano de Bergerac en pleine cité universitaire.

Première nouvelle de Chrys Galia nous rappelle qu’on est en protection et non en prison comme trop de gens le pensent. La petite voisine du narrateur de la nouvelle de Lucile Caron-Boyer  m’a d’abord interpellée avant de m’émouvoir, encore un bel exemple d’héroïne ordinaire.

(Re)naissance de Lucie Brémeault reste à mes yeux la plus belle du recueil, tant elle est porteuse d’espoir, de renouveau, de vie.

Ma notation :

Un recueil pour la bonne cause, à tout petit prix. Lisez-le!

 

Dompteur d’anges, Claire Favan

Quatrième de couverture:

On ne choisit pas sa famille.
Encore moins celle de son ravisseur…

Condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là même censés assurer l’ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu’il est reconnu innocent et libéré, ce n’est plus le même homme. Il n’a désormais plus qu’une seule idée en tête : se venger de cette société qu’il hait par-dessus tout.
Pour frapper ses bourreaux au coeur, il va enlever leurs enfants et, méthodiquement, au fil des ans, faire de ces petits anges des bêtes féroces avant de les envoyer punir ses tortionnaires à sa place. Tout se déroulera selon ses plans jusqu’à ce qu’une de ses créatures lui échappe et disparaisse dans la nature…

L’avis d’Audrey :

J’ai hésité à sortir ce roman en pleine période de confinement. Je sortais d’une lecture « feel-good » qui m’avait fait du bien, alors me plonger dans un thriller, était-ce le bon moment ? Et contre toute attente, Claire Favan m’a embarquée dans son univers et j’ai dévoré ce roman.

Max, abandonné par son père, orphelin de mère très jeune commence assez mal dans sa vie. Alors quand il est accusé du meurtre et du viol du jeune Kyle (avec qui il s’était lié d’amitié),  tout explose. Il est jugé coupable et envoyé en prison où on imagine bien que son accueil, en tant que violeur d’enfant, a été très difficile. Il y passera 5 ans terribles, entre violence et humiliation de la part des autres détenus mais aussi du personnel. Condamné à vie, il sortira tout de même au bout de 5 ans, quand le véritable tueur sera confondu et innocentera ainsi Max.

L’heure de la vengeance a sonné. L’homme compte bien régler ses comptes avec le système, les règles et les gens qu’il juge responsables de sa descente en enfer. Il met en place un plan machiavélique en enlevant des jeunes enfants, qu’il dressera et élèvera dans le but de tuer, de venger. Mais ces enfants ne sont pas choisis au hasard. Les mois et les années passent, les enfants semblent totalement conditionnés à tuer, à suivre ses ordres, à être fidèle à Max. Pourtant l’un d’eux fuira et retrouvera sa liberté. L’histoire n’est pas finie pour autant, et les liens qu’il a avec Max et ses anciens « frères » le rattrapent.

Quelle idée terrible : enlever des enfants! La première partie du roman dans laquelle on assiste au « dressage » des enfants est très dure à lire. J’étais mal à l’aise d’être spectatrice de cette souffrance. L’auteure instaure vraiment une ambiance malsaine et gênante. La façon dont ils sont élevés dans la haine des autres et dans cette violence est très glauque. Quand le roman prend une tournure nouvelle avec la fuite d’un des petits guerriers, j’ai trouvé que l’histoire prenait un tout autre intérêt à mes yeux. J’étais captivée par l’évolution de ce personnage et la façon dont son expérience tragique a déterminé sa vie et ses réactions d’adulte.

L’écriture est pleine de talent, le style est fluide, les chapitres s’enchaînent et accrochent le lecteur. La psychologie des personnages est détaillée avec minutie, on s’insinue dans leurs cerveaux jusqu’à presque justifier leurs actes et comportements. J’avais vu venir un petit élément au fil du récit, donc n’étais pas particulièrement surprise par le final de l’histoire. Néanmoins j’ai aimé la façon dont le roman s’achève. Une fin qui pourrait déranger les lecteurs, mais qui colle parfaitement à l’ambiance générale du roman.

Ma notation :

Un thriller dément où manipulation et vengeance vont vous tenir en haleine. J’ai adoré!