Cadavre exquis, Agustina Bazterrica

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Quatrième de couverture :

Un virus a éradiqué la quasi-totalité des animaux sur Terre. Pour pallier l’absence de bétail, une nouvelle espèce a été développée à partir du génome humain – des êtres en tout point semblables à nous, mais destinés aux abattoirs.
C’est pour l’un de ces établissements que travaille Marcos. Il supervise la chaîne de production, de l’élevage à la boucherie. Mais, chaque jour, sa tâche le dégoûte un peu plus, jusqu’à l’intolérable. Sa vie bascule quand, au mépris de la loi et de la morale, il sauve une femelle de la mort…

L’avis d’Audrey :

On est bien loin des romans contemporains dont on a l’habitude de vous parler avec Laure. Ici pas de comédie, de sentiment feel-good ou de grande saga historique. On est très éloigné du thriller que l’on affectionne également. Cadavre exquis, est un roman dystopique qui mène son lecteur dans un futur que personne n’est prêt à supporter. Un virus a fait disparaitre toutes les espèces animales de la terre. Mais les hommes ont besoin de se nourrir et ne semblaient pas prêts à se passer de protéines animales. Pour remédier à ce manque, une nouvelle espèce d’humain a été créée, totalement dédiée à l’alimentation. Ces « têtes » sont conçues, enfermées et élevées dans le seul but de servir de repas aux hommes. Une idée de cannibalisme et d’asservissement très très dérangeante.

Dans ce nouveau monde, on fait la rencontre de Marcos. Il travaille dans un élevage, alors même que tout cela semble le répugner. On remarque vite son rejet et son dégout face à tout ce système. Marcos passe également par un moment personnel compliqué qui va tout remettre en question. Alors quand on lui offre une femelle PGP (première génération pure), il refuse de l’abattre pour la manger, tant pis pour le festin promis. Il l’installe d’abord dans son garage, avant de la faire entrer dans sa maison. Quel est son projet ? Pourquoi aller ainsi à l’encontre des lois ? Il sait que garder ainsi du bétail est strictement interdit et qu’il risque de finir lui aussi à la boucherie.

Quel roman difficile et insoutenable et pourtant la plume de l’auteure rend l’ensemble très captivant et presque réaliste. L’idée de ce nouveau monde dans lequel le cannibalisme parait naturel, l’idée d’élever des humains dans le seul but de les consommer est un concept très difficile à appréhender. Les descriptions de la chaîne d’abattage, les conditions dans lesquels sont élevés ces « bêtes » m’ont filé la nausée du début à la fin. Tout est glauque, malsain et à la limite du supportable.

Au delà de ça, c’est toute une nouvelle organisation que l’on découvre. Des nouvelles normes, de nouvelles peurs, une nouvelle façon de vivre. Un quotidien où il faut sortir avec un parapluie pour ne pas craindre d’être contaminé par des fientes d’oiseaux. Une ville où le zoo est à l’abandon, avec comme seul souvenir des animaux, des plaques devant les cages ou des photos d’un temps ancien.

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279 pages avec la nausée et un sensation de mal-être constant. Logiquement on s’interroge sur la façon dont on consomme aujourd’hui de la viande ? Sur les conditions bien souvent décriées (et à juste titre) dans lesquelles on élève vaches, cochons et autres bêtes d’élevage. Car ce qui gênera tant le lecteur dans la description de ce que subissent ces têtes humaines, n’est rien de plus que ce que subissent tant d’animaux actuellement.

On se demande aussi jusqu’où serions nous même prêts à aller si le monde tournait aussi mal que dans ce roman. Quelle serait notre place ? Quelles seront nos propres limites ? Oserions nous nous élever contre de nouvelles mesures qui nous semblent absurdes et inhumaines ?

Ma notation:

Un roman fort et puissant, violent et qui interroge. Je pense que ce texte va rester pour pas mal de temps dans ma mémoire de lectrice.

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(Merci à J’ai lu pour cette lecture)

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