Un dimanche matin, Johanne Rigoulot

Quatrième de couverture :

Un dimanche matin au lendemain du mariage de Pierre, la mort de lady Di fait un sujet tout trouvé pour les invités groggys de champagne et de Claude François. Un dimanche matin, sept ans plus tard, Pierre assassine son épouse avant de dissimuler le corps dans un sac à gravats. Il accompagne ensuite ses beaux-parents affolés à la recherche de la jeune femme, mais sera rapidement confondu. Johanne apprend la nouvelle par sa tante Dominique, mère du meurtrier. Tout de suite la famille fait bloc. Ses membres forment « une chaîne d’information en continu », sommée de comprendre, de chercher des excuses. La victime passe au second plan. « Fabriquer du sens à l’inconcevable devint un réflexe de survie ». Ne pas laisser tomber Pierre, un leitmotiv. Pendant plusieurs années, audiences et visites au parloir ponctuent la vie de Johanne et des siens. Le chagrin, inavouable, est refoulé autant que la monstruosité du crime. L’histoire de ce parent timide et dévoué, si heureux d’avoir rencontré une femme sublime, s’insinue dans les alcôves, pervertit les relations et renvoie chacun à sa propre violence. Le quotidien de tous s’en trouve transfiguré. Ce n’est que treize ans plus tard que Johanne Rigoulot ose s’attaquer à la vérité des faits. L’enchaînement à la fois irrationnel et implacable de l’homicide conjugal, la personnalité vacillante du meurtrier, le déni familial parce qu’il fallait d’abord faire « le deuil d’un monde où le bien et le mal étaient distincts et la vie tellement plus confortable.»

L’avis de Laure :

Cette lecture témoignage fait écho à une actualité qui ne cesse de nous alerter depuis de nombreux mois : elle a trait aux féminicides. Ici, on va lire le vécu de Johanne du côté du meurtrier. Un point de vue qui m’intéressait vivement parce qu’avant de juger ces crimes, il peut être bon de tenter de les comprendre.

C’est le cousin de Johanne qui a mis fin à la vie de sa femme, un dimanche matin, un jour qui aurait pu être banal et doux et qui marquera pourtant le début d’un chemin bien pénible pour toute la famille. J’ai vraiment apprécié cette lecture pour tout ce qu’elle m’a apporté et la neutralité que Johanne a su apporter à son récit. Avant tout il y a le choc pour la famille lorsque l’arrestation de Pierre survient. Il ne s’agit pas d’un couple qui avait des antécédents de violence dont ce crime était inimaginable. On est absorbés ensuite dans le parcours pénal, la prison et la façon dont Pierre vit derrière les barreaux, la complexité du procès de cet homme qui n’a jamais nié être le responsable du meurtre.

Le récit retrace aussi le crime, la vie de couple qui était celle de Pierre et comment cet homme a pu basculer dans l’horreur. Il n’y a pas de volonté d’excuser ou de reporter une part de responsabilité sur son épouse, juste de comprendre le cheminement psychologique de cet homme. Un dimanche matin m’a vraiment permis d’avoir un autre regard sur ces faits, sans les relier à l’actualité sombre du nombre de femmes tuées par leurs conjoints. On se rend compte aussi quel tsunami c’est pour la famille du meurtrier, les ressources qu’ils doivent mettre en place pour lui rendre visite en prison, continuer à maintenir un lien avec lui, l’assister dans son procès. C’est une lecture que j’ai trouvée vraiment très instructive.

Ma notation :

Un témoignage fort qui m’a beaucoup apporté et qui garde toute sa neutralité.

(Livre lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

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