Prix littéraire Le Livre à Metz Marguerite Puhl-Demange

Aujourd’hui je ne vous parle pas d’une de mes lectures, mais d’une toute nouvelle aventure littéraire à laquelle j’ai eu la chance de participer en ce début d’année.

J’ai vu passer en automne dernier un appel à candidatures pour rejoindre le jury de ce prix : Prix littéraire  Le Livre à Metz Marguerite Puhl-Demange.

Le prix littéraire « Littérature & Journalisme » rend hommage à Marguerite Puhl-Demange, présidente-directrice-générale du Républicain Lorrain et fondatrice de L’Été du Livre, devenu le festival Le Livre à Metz – Littérature & Journalisme. Cette grande figure de la presse écrite fut une femme passionnée de littérature.

Ce prix est décerné par un jury de lecteurs recruté sur l’ensemble du territoire mosellan. La remise officielle du prix a lieu pendant le festival.

Le Livre à Metz est un événement littéraire phare de mon département, un salon regroupant de nombreux auteurs et maisons d’éditions. Un salon que j’ai beaucoup arpenté dans mes années lycées et étudiantes, un peu moins les dernières années je l’avoue.

Après discussion avec Ladybooks, jury depuis quelques années pour ce prix, j’ai proposé ma candidature. Bien que retenue à mon tour, elle et moi ne dépendons pas de la même ville pour le jury, nous n’avons donc pas pu nous rencontrer, mais ce n’est que partie remise!

J’ai donc eu presque 2 mois pour lire les 3 ouvrages sélectionnés pour mon jury :

3 lectures assez éloignées de mon univers habituel. Une littérature blanche, plus générale de ce que j’affectionne d’ordinaire. J’en ai lu deux, le troisième n’a pas du tout réussi à me convaincre, et j’ai décidé de ne pas le finir.

Ainsi, ce 21 janvier le jury de Sarreguemines s’est réuni et nous avons pu débattre, discuter, et choisir notre lauréat. J’appréhendais un peu la rencontre avec d’autres lecteurs. Est-ce que j’avais ma place parmi eux ? Est-ce que j’allais pouvoir défendre mes choix et exposer mon ressenti de lecture de façon claire et intelligente ? Bref, un exercice pas forcément naturel et évident pour moi.

Tout s’est super bien déroulé. Nous étions 7 dans le jury, sous la présidence de Jean Paul Anderbourg, figure emblématique du festival et Directeur des Affaires Culturelles de la ville qui accueillait cette réunion de jury. Après un premier tour de table où un premier ouvrage a été éliminé, nous avons pu discuter, échanger sur les deux titres restants. Des avis divergents ont amené un vif débat mais néanmoins très convivial. Nous avons ainsi pu choisir le titre gagnant de notre jury.

Une première participation enrichissante et très agréable. Un bon moment d’échange littéraire et la découverte de trois auteurs que je n’aurai pas lu en d’autres circonstances.

C’est le moment de vous parler du livre pour lequel j’ai voté et qui est sorti gagnant de mon jury.

Sale gosse de Matthieu Palain.

Sale gosse c’est un roman sur Wilfried et Nina. Lui est un jeune homme paumé chahuté par  son placement en famille et des mauvaises fréquentations. Elle est une éducatrice volontaire et engagée. C’est un roman social qui montre une réalité difficile, loin de mon quotidien « favorisé ».

Je n’avais pas l’info  avant de lire le roman que l’auteur avait passé 6 mois au cœur de la PJ d’Auxerre et que son père et certaines connaissances avaient exercé dans le domaine. Je comprends mieux alors le réalisme de son roman. Un roman que j’ai davantage lu comme un portrait, article ou témoignage.

Je parle de réalisme, et quelle triste réalité. La dureté, la violence, le manque d’amour, le manque de repères. Wilfried, 8 mois, enlevé à une mère imparfaite, placé dans une famille d’accueil aimante. On le retrouve à la fin de l’adolescence, complètement paumé et en pleine recherche. Et voir que l’on a arraché ce gamin à sa famille, les seuls qui lui apportaient stabilité et de quoi s’en sortir a été un crève cœur. Injustice et surtout incompréhension de ce système de l’ASE. Ce personnage de Wilfried est un parfait exemple de ce qui se passe malheureusement trop souvent en France.

Le personnage de Nina, éducatrice Spe qui prendra en charge le jeune homme est une vraie lumière dans le quotidien trop noir du garçon. Le lecteur ne peut avoir que de la sympathie pour cette femme déterminée, qui fera tout pour l’accompagner vers un meilleur chemin.

Mathieu Palain nous dresse vraiment le portrait d’une misère sociale, de gens à qui la vie n’épargne rien. Il nous décrit des jeunes en souffrance, et qui se tournent vers la violence. Ce roman met en avant l’utilité de ces travailleurs, de ceux qui donnent de leur temps, de leur énergie pour ces sales gosses que beaucoup abandonnent.On en parle pourtant peu.  C’est violent, percutant et dur. J’ai refermé ce roman en me prenant un sacré coup de poing au cœur.

J’ai aimé l’alternance des points de vue entre jeunes et éducateurs, permettant de donner différentes visions des choses. L’écriture est directe, franche et nette. Le langage est souvent familier mais colle parfaitement à nos personnages et à l’ambiance générale du récit. Les dialogues très présents accentuent cet impression de lire une enquête voire même de la visionner.

La fin qui semble présager un avenir plus clément à Wilfried nous permet de refermer le livre sur une touche pas entièrement négative. Un roman vers lequel je ne me serai pas tournée naturellement, et je ne regrette pas du tout d’avoir pu le découvrir.

Place maintenant au jury final de Metz, qui a la lourde tache de départager les 4 titres restants, à savoir :

A vos claviers !

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