La vie malentendue, Gerald Shea

Quatrième de couverture :

Peut-on être sourd et ne pas s’en apercevoir ?
C’est ce qui est arrivé à Gerald Shea dont la surdité partielle fut dépistée alors qu’il avait trente-quatre ans.
Pendant toutes ces années où il n’entendait que la moitié des mots, il était persuadé d’être simplement plus lent à comprendre que les autres… Ce qui ne l’a pas empêché de suivre de brillantes études, de nourrir une passion pour le chant, et de mener une carrière d’avocat international.
Entre les conversations surréalistes avec ses petites amies et les négociations de contrats qui frôlent le fiasco, en passant par une vie quotidienne où chaque parole entendue peut dissimuler un piège, Gerald Shea dévoile dans ce récit drôle et captivant le monde intérieur des sourds.
En nous montrant comment surmonter l’incompréhension, il nous offre une magnifique leçon de vie.

L’avis de Laure :

Je poursuis ma découverte de témoignages sur la surdité. Ici j’avoue avoir été très intriguée par cette phrase sous le titre « j’étais sourd et je ne le savais pas » non mais comment est-ce possible ? C’est tellement dingue à imaginer !

Gerald Shea a perdu une partie de son audition dans sa petite enfance ce qui est déjà un premier point pour expliquer les choses car il ne s’est pas rendu compte d’un changement, il était trop jeune et il n’a pas de souvenir de moments où il entendait parfaitement. Il est capable d’entendre une partie de ce qui lui est dit mais il lui faut souvent un temps de réflexion / concentration pour décoder avec certitude le mot. Il appelle ça les lyriques, il va penser dès tout jeune que tout le monde entend de cette manière, que nous faisons tout un travail de décodage de ce qui parvient à notre oreille avant de pouvoir le transcrire en une phrase qui a du sens.

Chez les personnes malentendantes, ce temps de latence, de flou où la personne a entendu mais pas encore vraiment compris ce qui est dit est très courant. Mais aller imaginer que tout le monde a ce souci là c’est assez exceptionnel. Et il n’en a jamais parlé avec qui que ce soit ce qui fait qu’il va s’enfermer dans ce malentendu.

Il évoque donc les difficultés qu’il a eues dans la vie à décoder les lyriques. L’école bien entendu puis les études. Il ne va pas se faciliter la vie car il s’engage dans une carrière d’avocat d’affaires. Il va réussir mais au prix d’un travail énorme, que d’heures passées pour reprendre ses notes des réunions et enfin les comprendre. C’est faramineux et c’est dingue de se dire qu’il a enduré cet épuisement pendant des dizaines d’années. Et en plus, son métier va le mener en France où il va donc travailler avec une autre langue ainsi que dans des pays où il va échanger en anglais avec des gens dont ce n’est pas la langue maternelle et qui ont donc un accent marqué.

C’est un homme totalement vidé, épuisé qui va un jour enfin trouver le chemin d’un médecin qui va lui annoncer sa surdité. Un choc pour cet homme et un travail colossal alors à faire sur lui même pour redessiner l’ensemble de sa vie à travers le prisme du handicap qui a toujours été son quotidien. J’ai aimé la fin qui amène un grand apaisement dans sa vie et qui me semble très réaliste dans le sens où elle conclue qu’on ne peut pas vivre une vie d’avocat d’affaires normale avec un tel handicap. On aimerait être comme tout le monde et faire la même chose que les autres professionnellement parlant mais on peut y mettre toute l’énergie qu’on veut c’est impossible d’aller contre le handicap qui nous complique la vie.

Le parcours de Gerald Shea est donc assez précieux à lire mais pour autant ce n’est pas un témoignage que je recommanderai tant il est lourd à lire. Ce n’est pas un témoignage digeste parce qu’on a dans le texte, tout au long des 300 pages, le codage / décodage de lyriques sur lequel il travaille au quotidien pour suivre une conversation. Alors certes ça permet de vraiment se rendre compte de la difficulté de l’exercice mais ouh là là que c’est compliqué à lire. Et en plus, une grosse partie du roman tourne autour de sa carrière d’avocat et est truffée de détails de sa vie professionnelle qui ne m’ont pas intéressée du tout. C’est trop technique, trop de détails dans les détails qui n’amènent pas grand chose à l’objet du témoignage. Donc malheureusement, ce n’est pas un livre que je vous recommande de lire parce que la forme du témoignage est trop complexe.

Ma notation :

Un sujet que j’avais vraiment envie de découvrir et qui m’intéresse beaucoup mais j’ai étalé cette lecture sur plusieurs semaines tant il m’a été dur de le lire. Néanmoins, je persiste sur cette thématique et ai déjà commandé un autre témoignage sur le sujet !

3 commentaires sur « La vie malentendue, Gerald Shea »

  1. Dommage pour la lourdeur du texte, mais le témoignage de cet homme semble impressionnant. C’est un peu surréaliste de découvrir par toutes ces épreuves par lesquelles il est passé sans connaître sa surdité…

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  2. Super intéressant comme sujet ! C’est dommage pour la fluidité de l’écriture, mais c’est génial qu’il y ait des témoignages comme ça qui permettent de dévoiler d’un handicap dont on n’a pas forcément conscience.

    Aimé par 1 personne

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