San Perdido, David Zukerman

Quatrième de couverture :

Un matin de printemps, dans la décharge à ciel ouvert de San Perdido, petite ville côtière du Panama aussi impitoyable que colorée, apparaît un enfant noir aux yeux bleus. Un orphelin muet qui n’a pour seul talent apparent qu’une force singulière dans les mains.
Il va pourtant survivre et devenir une légende. Venu de nulle part, cet enfant mystérieux au regard magnétique endossera le rôle de justicier silencieux au service des femmes et des opprimés et deviendra le héros d’une population jusque-là oubliée de Dieu.

L’avis de MadameOurse :

Voici un livre qui m’a tenue occupée pendant 2 semaines. C’est beaucoup pour mon rythme de lecture. Ce n’est pas qu’il ne m’a pas plu mais il est assez éloigné de mes habitudes de lecture et je crois que ça m’allait bien de progresser doucement avec cette lecture.

C’est un roman qui va nous faire voyager en Amérique latine au cœur du Panama des années 50. Tout débute dans le quartier le plus pauvre de la ville, au cœur de la décharge de Lagrima. C’est ici qu’une vieille dame va tenter d’apprivoiser un étrange jeune garçon noir aux yeux bleus, un petit garçon qui ne lui dira jamais un mot et dont elle ne pourra pas connaitre l’histoire. Ce petit a tout pour cumuler les pires difficultés dans la vie : son âge, son isolement, sa couleur de peau, son mutisme. Et pourtant…. Il a une volonté farouche et une force hors du commun, représentée par ses mains aux allures de pince qui lui vaudront le surnom de La Langosta (la langouste).

S’il est muet, il n’en est pas moins attentif au monde qui l’entoure. Il va d’abord venir en aide à cette vieille dame en lui portant de l’eau chaque matin puis, faire justice à sa façon à d’autres événements dont il pourra être témoin.

L’histoire se poursuit alors avec différents personnages de la ville, tous à des niveaux sociaux différents. Nous nous trouverons aux côtés du gouverneur de San Perdido, surnommé le Taureau pour son extraordinaire appétit sexuel, nous suivrons Madame, une asiatique tenancière d’un bordel, le docteur Portillo Lopez qui soignera aussi bien le gouverneur que les « filles » de Madame, ou encore le chauffeur du gouverneur, un jeune maçon qui parviendra à une belle réussite alors qu’il vivait lui aussi à la décharge de Lagrima dans sa jeunesse… Le roman dresse une fresque assez impitoyable de la vie à cette époque dans un pays en voie de développement. Un endroit où l’argent et le pouvoir sont encore les maîtres et où la justice n’est qu’une illusion. On est au cœur des magouilles, on va suivre des personnages féminins qui sont complètement asservis par les hommes. Ce roman est à des années lumière de notre époque, de la guerre du consentement qui gronde actuellement. Ici, ce sont des femmes qui utilisent le sexe pour monter dans l’échelle sociale, d’autres qui sont fréquemment violées par leur patron sans ne rien pouvoir dire, d’autres encore qui profitent de leur beauté pour faire commerce de leur corps.

Et puis il y a les magouilles politiques et l’invraisemblable facilité avec laquelle des hommes parviennent à leurs fins juste parce qu’ils sont en haut de l’échelle sociale, qu’ils détiennent le pouvoir et l’argent. Et si un homme parvenait à renverser les choses, à ramener la justice, à retourner le pouvoir grâce à la ruse et à un plan machiavélique ? Le roman est très surprenant. Une marche après l’autre, une action anodine après l’autres, les choses vont changer, les traîtres vont chuter…

Ma notation :

Un roman bien différent de mes habitudes mais qui a su me captiver par une construction réussie et un voyage déroutant au cœur du Panama des années 50.

(Roman lu en partenariat avec Netgalley, à paraître aux éditions Calmann-Lévy le 02/01/19)

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