Le royaume du crépuscule, Steven Uhly

Mais si on voit le livre ! Regarde pas mes pieds et tu le verras.

Quatrième de couverture :

De l’hiver 1944 au printemps 1987, entre l’Allemagne déchirée et Israël naissante, la saga des victimes, des bourreaux, et de leurs héritages.
Il y a Margarita, une Juive polonaise enceinte qui tue un lieutenant nazi, les époux Kramer, le couple qui la cache. Il y a Anna, une Allemande sauvée d’Auschwitz par sa beauté, Shimon, son fils, Sarah, Ruth et tous ceux qui tentent de reprendre pied après les camps, et Peretz Sarfati, ce sioniste de la première heure, décidé à ramener en Terre promise ses coreligionnaires. Enfin, il y a le temps. Et des enfants de la guerre devenus grands qui tentent de recomposer le puzzle.

Des secrets, des sentiments inavouables, des merveilles du hasard et des atrocités de l’Histoire : ainsi se compose cette oeuvre polyphonique qui éclaire la fresque du XXe siècle d’une lumière inédite. Car ce sont les zones d’ombre, les terres en mutation et les êtres en exil qui intéressent Steven Uhly dans ce roman acclamé en Allemagne. Cet auteur aux cultures multiples sait bien que l’identité n’est qu’affaire de mélange, et que c’est a posteriori que l’Histoire s’écrit. Avant vivent les hommes, héroïques et faillibles. Le Royaume du crépuscule retrace leur odyssée.

L’avis de MadameOurse :

Lorsque j’ai reçu ce roman, je ne m’attendais pas à un tel pavé (plus de 600 pages) et j’en ai un peu redouté la lecture. Il m’a fallu 2 semaines pour en venir à bout et j’ai trouvé que c’était une lecture difficile.

Il y a plusieurs choses qui rendent la lecture un peu lente. Le style d’abord, l’auteur écrit en très longues phrases avec beaucoup de détails. Le côté historique ensuite. Moi qui apprécie beaucoup le thème de la seconde guerre mondiale, là on est dans l’après, c’est un thème que je n’avais jamais lu. Le récit aborde donc les côtés politiques de la gestion de l’après guerre, le déplacement des peuples créé par la guerre qui doit être « corrigé » (les soldats prisonniers doivent rentrer chez eux et les juifs pour beaucoup se cherchent un nouveau chez eux). J’ai eu un peu de mal avec ces passages plus précis, un peu compliqué pour moi. Et enfin, on suit ici de nombreux personnages, il faut vraiment s’attacher à bien mémoriser les liens entre chacun.

Il faut donc le savoir, ce livre n’est pas facile à lire. Mais il est riche et il nous questionne. La guerre a créé beaucoup de problématiques et ce n’est pas parce qu’elle finit que tout va rentrer dans l’ordre dans le meilleur des mondes. Le roman aborde notamment très bien un point dans l’évocation de l’après : la classification en gentils ou méchants. Car parfois, c’est ni noir ni blanc mais un peu gris. Parce que chacun doit bien continuer sa vie même les méchants. Et l’auteur nous amène aussi à visualiser comment les jeunes générations nées de suite après la guerre peuvent porter les choses. C’est extrêmement lourd pour eux, ils subissent les contrecoups et pour autant, ils n’étaient pas là et ne savent donc pas vraiment ce qui a eu lieu. Alors il y a Lisa qui va faire son enquête, il y a Shimon qui va grandir « de travers » (drogue, alcool, etc) à cause de ce qui lui est tu.

Ce roman aborde plein de thèmes, il est dense mais je pense qu’il est un bon aperçu de ce qu’ont été les dizaines d’après guerre. Et d’ailleurs, aujourd’hui en 2017 on voit bien encore ce qu’il en est pour le pays d’Israël… C’est aussi un point qui a été compliqué dans ma lecture car je ne suis pas assez cultivée sur ce sujet pour bien tout en comprendre. Mais c’est vraiment intéressant.

Peut être, pensa Lisa, qu’au bout d’un certain temps on ne se souciera plus de savoir de quel côté on était parce que c’est la guerre qui les a créés ces côtés, ils lui appartiennent et finissent avec elle. Puis elle pensa, les guerres mettent du temps à finir, cette guerre est encore en train de finir. Quand sera-t-elle terminée ?

Ma notation :

Une lecture forte, riche, dense. Elle n’est pas destinée à tous les lecteurs mais elle aura des choses à vous apprendre si les thèmes traités vous intéressent. L’auteur a bien réussi à romancer l’histoire avec de vrais personnages fictifs parfaitement intégrés dans la vraie Histoire vécue par les juifs, les allemands et tous les autres peuples concernés par la guerre.

massecritique_22

(Roman lu dans le cadre des Masse Critique Babelio)

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8 réflexions sur “Le royaume du crépuscule, Steven Uhly

  1. Est-ce que tu connais Marie-Paule Armand ? Elle a écrit des romans de terroirs qui se passent dans le Nord, avec pour thème, la plupart du temps, les 1ère et 2e guerres mondiales. Je les ai beaucoup aimés !

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  2. wahouuu, une lecture pas facile apparemment… Pas vraiment tentée.

    Ah la lecture dites de terroir.. J’étais pleine d’apriori également, puis en arrivant dans la bibliothèque où je bosse, les abonnés en étaient friandes.. J’ai lu quelques titres pour me rendre compte.. ça peut être très sympa à lire quand même! Faut tomber sur les bons auteurs et des bons thèmes…

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